Une autre politique pour la France, un projet de développement pour le Nord-Compiégnois
Les économistes, les institutions financières (réserve fédérale, FMI, BCE, Banque de France), les banques et les gouvernements scrutent les indices de la reprise.
Avec la foi du charbonnier, ils nous l’affirment : « elle est là ! ». Mais là, c’est où ?
C’est vrai, à la bourse de Paris, le CAC 40 progresse. Les plus optimistes prévoient, à la fin de 2009, des niveaux atteignant ceux d’avant la faillite de Lehman Brothers, dont nous venons de fêter l’anniversaire, cette semaine.
Sarkozy exulte en préparation du sommet du G20 à Pittsburgh, jeudi prochain : « nous sommes en train de moraliser le capitalisme ».
En réalité, les mieux tout relatifs enregistrés ici et là proviennent surtout de l’injection de milliards déversés par les Etats, au titre des plans dits « de relance », dans les caisses des banques et des entreprises.
Mais, sur le fond, rien n’a changé.
L’argent public a coulé à flots sans contreparties exigées. Le staff des banques qui ont joué aux apprentis sorciers sont toujours là et les jeux spéculatifs ont repris.
Le problème est que le capitalisme d’aujourd’hui prospère sur la contraction salariale mondiale, sur le déséquilibre croissant entre la rémunération du capital et celle du travail, sur la baisse de la demande et la paupérisation des classes moyennes.
D’où la crise des subprimes : prêter de l’argent à des gens qui n’en ont plus pour qu’ils consomment et stimulent la demande artificiellement et dangereusement.
Ceux-là mêmes qui croient distinguer une embellie prévoient dans le même temps la poursuite de l’augmentation du chômage. La zone euro devrait connaître un taux de 11,5% contre 7,5% en 2008. Aux Etats-Unis, le taux de chômage sera de 10% au moins.
Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, chiffrait, cette semaine, à 300 000 le nombre d’emplois menacés à brève échéance dans le secteur industriel français.
Il ne faudra pas compter sur la consommation pour doper la croissance, ni sur les investissements et la reprise de crédits sains des entreprises.
Les financiers sont donc invités à poursuivre leurs petits tripatouillages boursiers pour faire du chiffre malgré tout.
La perspective d’un nouveau krach est donc possible. Jusqu’à quand les Etats seront-ils en mesure d’éponger ?
Les salariés de la filière automobile, dont les Conti, ont défilé jeudi à Paris et envahi la bourse. Ils ont bien compris d’où le mal venait. Le capitalisme n’est pas moralisable car la morale n’appartient pas à son univers mental.
La question d’actualité, celle que les luttes sociales mettent en lumière résident dans l’urgence de sortir de cette logique destructrice pour faire prévaloir l’intérêt des hommes, des sociétés, l’intérêt général tout simplement, contre celui des prédateurs.