Une autre politique pour la France, un projet de développement pour le Nord-Compiégnois
Le budget 2010 que le Parlement s’apprête à examiner est une leçon de choses du sarkozysme. Les plus fortunés continueront de bénéficier d’un pont d’or fiscal.
Le bouclier du même nom est, bien sûr, maintenu : 578 millions € de ristourne, soit 120 millions € de mieux que l’an passé. 18 893 ménages en ont profité et les 100 plus riches se seront vus restitués par l’Etat 155 millions €, soit le tiers du coût du bouclier.
Mais ce n’est rien : nos riches disposent de 469 dispositifs de niches fiscales, qui permettent d’échapper à l’impôt sur le revenu. Le manque à gagner pour l’Etat s’élève à 70 milliards €, soit la moitié du déficit public.
Et que dire des entreprises, et des plus grandes en particulier ? La réforme de la taxe professionnelle leur apportera un gain de 11,7 milliards €, dès l’année prochaine. Il faut y ajouter tous les cadeaux et exonérations divers qui leur sont accordés, soit environ 45 milliards €, dont 20 milliards € de cotisations sociales, sans effet sur l’emploi et l’investissement, comme ne cesse de le dire la Cour des comptes ?
N’oublions pas les banques que l’Etat a copieusement renflouées au plus fort de la crise des subprimes.
Figurez-vous que la BNP Paribas et la Société générale s’apprêtent à rembourser puisqu’elles ont retrouvé une forme d’enfer et recommence, comme les autres, leurs petits tripatouillages spéculatifs, comme au bon vieux temps d’avant le krach.
BNP Paribas avait perçu 5,1 milliards €.
Elle rembourse donc et l’Etat récupère, en outre, 226 millions € d’intérêts. Formidable, sauf que le remboursement s’effectue au prix de l’action au 31 mars, date de l’intervention de l’Etat, c'est-à-dire au moment où les cours étaient les plus bas. L’action valait 27,24 €contre 58,20 € aujourd’hui.
Et le scénario sera identique pour toutes les banques qui ont bénéficié de la manne publique, soit un manque à gagner pour l’Etat de 12 milliards € et tout bénéfice pour les banques.
Et le citoyen, dans tout cela ? Lui, il va payer plein pot, à hauteur d’environ 1 milliard € : 200 millions € grâce à la hausse du forfait hospitalier, 110 millions grâce à la fiscalisation des indemnités journalières d’accident de travail, 50 millions € grâce à la fiscalisation des indemnités de départ volontaire à la retraite, 100 millions € grâce à de nouveaux déremboursements de médicaments, 140 millions € grâce à une CSG sur l’assurance vie en cas de décès…
Et enfin, grande innovation fiscale : la taxe carbone, que les ménages paieront et qui rapportera à l’Etat 2,6 milliards €, soit 74 € par foyer fiscal, le coût étant plus élevé pour les familles résidant en milieu rural ou périurbain.