Une autre politique pour la France, un projet de développement pour le Nord-Compiégnois
66% des Français sont opposés à l’instauration de la taxe carbone, selon un sondage Sofres / Europe 1. 74% la jugent inefficace. Et nul ne pourra dire que les sondés sont mal informés : ce sont ceux qui en savent le plus sur le sujet qui sont les plus réfractaires (70%).
Conséquence : le bateau tangue tant au PS puisque c’est un socialiste (Michel Rocard) qui a préconisé cette trouvaille, qu’à l’UMP où l’on se souvient qu’une certaine « TVA sociale » avait provoqué, en 2007, quelques dégâts électoraux. Les mêmes causes peuvent produire les mêmes effets à quelques mois des régionales.
Les Français ont du bon sens et de l’expérience. Ils ont évidemment du mal à avaler qu’ils vont devoir s’acquitter d’une nouvelle taxe qui leur serait restituée (nul ne sait d’ailleurs encore comment). Un impôt remboursé, voilà du jamais vu.
On les taxe pour les responsabiliser et modifier leurs habitudes, leur affirme-t-on. Ceux qui paient une taxe sur les ordures ménagères connaissent la chanson.
On leur a dit et répété que s’ils devenaient vertueux dans le tri et le traitement de leurs déchets, la taxe baisserait. Elle a dépassé par foyer le niveau de leur taxe d’habitation et elle sert à gonfler les profits des multinationales qui ont investi dans le ramassage des ordures et leur recyclage.
En l’occurrence, la famille qui habite en milieu rural ou périurbain se demande bien comment elle pourra diminuer sa facture d’essence, en l’absence de transports en commun ou de toute autre alternative à la voiture.
Faudra-t-il, par ailleurs, cesser de se chauffer ? Entreprendre des travaux d’isolation dans sa maison ? Avec quel argent, surtout quand je dois payer mon énergie plus cher pour cause de taxe carbone ?
Dans cette affaire, à l’image des Conti transformés en coupables, les foyers sont montrés du doigt comme responsables de la dégradation de l’environnement, alors que les industriels les plus pollueurs ne sont soumis qu’à des quotas européens de pollution, de surcroit, gratuitement.
Le niveau de la dite taxe n’est pas encore tranché.
Le lobby vert persuadé de sa puissance après les européennes s’agite. Cohn Bendit déclare que cet impôt est « révolutionnaire », ayant visiblement perdu le sens des mots depuis qu’il a troqué le col Mao pour le costume libéral et le jean bobo.
Rocard voulait porter la taxe à 32 € par tonne de CO2 émise ; Fillon annonce 14 € ; Sarkozy hésite.
Dans tous les cas, cela veut dire une troisième taxe sur les carburants après la TIPP et la TVA, qui représentent déjà 60% du prix à la pompe, une hausse du fuel et du gaz… bref, une nouvelle saignée sur le pouvoir d’achat des Français appelée à être de plus en plus douloureuse au fil des années puisque la taxe est censée être portée à 100 € par tonne de CO2 en 2030.
La taxe survivra-t-elle à la condamnation des Français ? A moins que ce soit ses auteurs qui s’en trouvent carbonisés.