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Une autre politique pour la France, un projet de développement pour le Nord-Compiégnois

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CONTI : LES VICTIMES SONT DES COUPABLES

Les Conti ont donc été condamnés entre 3 et 5 mois de prison avec sursis. Et ils ne sont pas au bout de leur peine puisqu’ils ont, à nouveau, rendez-vous avec la « justice », le 4 novembre, pour, cette fois-ci, être frappés au porte monnaie.

Pour qui a suivi cette lutte, le verdict prend tout son sens si nous le rapprochons de celui qu’a rendu le tribunal de Sarreguemines grâce auquel a été absoute la direction de la multinationale poursuivie par les salariés pour n’avoir pas respecté les règles élémentaires de la procédure de licenciement.

Les patrons voyous étaient sortis « blanchis » du prétoire, eux qui avaient roulé dans la farine leurs employés en leur promettant la pérennité de l’usine s’ils revenaient aux 40 heures, eux qui avaient minutieusement organisé la liquidation du site, eux qui avaient foulé aux pieds les droits élémentaires du code du travail.

Il en est allé tout autrement pour les ouvriers de Clairoix, quand à l’annonce de ce verdict inique de Sarreguemines, leur colère a explosé à la sous-préfecture de Compiègne.

La ministre de l’intérieur en personne s’est dépêchée sur place et appelée à des peines exemplaires. Comble de la malchance pour les Conti, elle est devenue ministre de la justice. Et le verdict est tombé : prison avec sursis pour ceux qui ont été trompés, jetés à la rue. Au final, les victimes sont devenues les coupables, ceux qui étaient en situation de légitime défense sont condamnés et les délinquants patronaux ont pu en toute impunité attenter à la vie de plus de 1000 familles, délester la région Compiégnoise de 3000 emplois si nous considérons les effets induits de la fermeture de l’usine de Clairoix.

« Selon que vous serez puissant ou misérable », écrivait Jean de la Fontaine. « les jugements de cour vous rendront blanc ou noir »

Le mouvement ouvrier a appelé cela la « justice de classe ». Elle est plus vivace que jamais car, à l’image des animaux du fabuliste , la société est malade d’une peste qui a substitué les intérêts de la finance et des multinationales à ceux des nations et de leurs populations, avec la complicité des pouvoirs politiques ou, dans le meilleur des cas, leur impuissance. Voilà bien ce qu’il faut changer, une exigence qui monte dans toutes les luttes sociales en cours face à la déferlante des plans sociaux et dont les Conti sont l’emblème.

C’est d’ailleurs et en outre pour tenter de tuer dans l’œuf la colère qui gronde que la justice est appelée à la rescousse, frappant de son glaive « ces pelés, ces galeux » d’ouvriers qui attentent à l’ordre établi.

Cela suffira-t-il – et jusqu’à quand – à maintenir sur cette marmite en ébullition le couvercle étouffoir ?

 

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