Une autre politique pour la France, un projet de développement pour le Nord-Compiégnois
Le rapport Balladur sur la réforme des collectivités territoriales donne lieu à un magnifique « bal des faux-culs » à l’UMP.
Le texte sera rendu public la semaine prochaine mais, nous savons déjà, de la bouche même de l’ancien premier ministre, qu’il s’agirait notamment de ramener le nombre des régions de 22 à 15.
L’éclatement et la dissolution de la Picardie, dans ce cadre, ne sont donc pas tombés du ciel. Quelles sont les sept régions appelées à disparaître ? Il faut bien que le comité l’ait évoqué pour fixer précisément le nombre des collectivités sacrifiées.
M. Balladur nous dit : ce changement s’effectuera sur la base du volontariat. Vous en connaissez beaucoup d’élus qui diront à leurs administrés : « je suis d’accord pour que nous disparaissions ». De qui se moque-t-on ?
Pour le député comique troupier Gonnot, qui décidemment n’en rate pas une : « l’éclatement de la Picardie est un bobard ». Et de s’appuyer sur le courrier du ministre Karoutchi, tête de liste potentielle aux régionales pour l’UMP en Ile de France, à Mme Cayeux, maire de Beauvais, elle-même tête de liste UMP en Picardie.
Mais alors, si M. Karoutchi dit vrai, pourquoi Mme Cayeux court-elle partout, depuis dix jours, de plateaux télés en émissions de radios, pour dire son indignation, démarche-t-elle les « people » picards pour défendre la région ?
Evidemment, être tête de liste d’une région appelée à disparaître sur décision du pouvoir que l’on soutient, la position n’est guère confortable. Il faut donc s’agiter ou faire semblant de le faire pour donner le change et tenter de conserver un peu de crédibilité auprès les électeurs picards.
Seulement voilà, il va bien falloir sortir du pseudo flou si maladroitement entretenu. Quelles sont les sept régions et quid de la Picardie ?
Cette région a une identité, une histoire qui méritent d’être préservées et développées.
Mais, au fait, que cherche-t-on exactement ?
Le Comité Balladur nous le dit : « des régions à taille européenne ». Nous sommes, en réalité, dans cette configuration d’une Europe libérale qui consiste à éloigner toujours plus le pouvoir de décision des citoyens et à les empêcher de peser sur les choix qui leur sont imposés.
Dans ce cadre-là, l’Europe de Bruxelles et sa commission de dirigeants non issus du suffrage universel sont à la manœuvre, de grandes régions et métropoles s’inscriront dans ce sillage sous le regard de l’Etat ; et tout ce qui relève de la proximité, les départements, les communes, ne seront plus, au mieux, que des arrondissements de structures les chapeautant.
Les picards ont dit non massivement à la Constitution européenne libérale. Ils ont toutes les raisons de défendre leur région, en rappelant à ceux qui s’appliquent à les tromper qu’ils ne prennent pas des vessies pour des lanternes.