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Une autre politique pour la France, un projet de développement pour le Nord-Compiégnois

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JUSTICE D’EXCEPTION, EXCEPTION DE JUSTICE

Que ne fait-on au nom de la lutte anti-terroriste ?

Bien sûr, le terrorisme est une abomination puisqu’il consiste à prendre en otages, à tuer des innocents, des personnalités, à détruire des biens publics ou privés afin de faire pression sur des gouvernements en vue de les déstabiliser.

Mais l’efficacité de la lutte contre ce fléau implique-t-il la négation du droit ?

Guantanamo a été la caricature de cette dérive. Et que se passe-t-il, ici, chez nous, en France ? Se poursuit actuellement le procès en appel d’Yvan Colonna condamné, en première instance, à la perpétuité pour le meurtre du Préfet Erignac. Or, au fil de l’audience, les certitudes, qui ont désigné le berger de Cargèse comme l’assassin, s’effondrent. Nous découvrons que des aveux ont été extorqués au terme de gardes à vue sous pression psychologique maximum.

Mais, à l’époque, Yvan Colonna avait, avant même d’avoir été jugé, désigné comme le coupable, de la bouche même du futur Président de la République.

Je ne suis pas capable d’évaluer les responsabilités de Colonna mais à l’évidence le droit a été bafoué.

Et que dire du « groupe de Tarnac », ces marginaux un peu rêveurs installés sur le plateau du Limousin et montrés du doigt par le ministre de l’Intérieur comme militants de l’ultra- gauche, faiseurs d’attentats contre les caténaires du TGV, arrêtés manu-militari et gardés à vue sous le régime anti-terroriste, soit 96 heures. Le « meneur », Julien Coupet, est toujours en prison depuis 112 jours sans que nous sachions- ni lui non plus apparemment- ce qui lui est reproché.

Cette semaine encore, un ou des zozos adressent au Président de la République et à plusieurs personnalités une lettre de menace de mort accompagnée d’une balle. L’affaire mérite d’être prise au sérieux mais voilà qu’on arrête, sur dénonciation de son ex-épouse, un militaire de réserve qui se retrouve en garde à vue sous le régime de la lutte anti-terroriste et qu’il faudra relâcher.

Benjamin Constant, homme politique plutôt libéral et écrivain, qui s’opposa à l’établissement de tribunaux spéciaux après la tentative d’attentat contre Bonaparte, alors Premier Consul, en 1800, écrivait :

« Ce qui fait la force et la valeur de la loi, c’est que les voleurs de poules, les brigands, les assassins et les scélérats soient jugés dans les mêmes formes et selon les mêmes principes. L’homogénéité des formes est la sauvegarde des justiciables mais aussi du système qui les juge. »

De fait, les dérives s’accroissent à mesure que l’incrimination de « terrorisme » invoquée sans le discernement nécessaire à une justice sereine dissimule- mal- une confusion entre les intérêts des politiques, du pouvoir exécutif et le rôle ainsi détourné et instrumentalisé du judiciaire.

La France de Sarkozy en est là, au moment même où Obama a décidé de fermer Guantanamo.

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