Une autre politique pour la France, un projet de développement pour le Nord-Compiégnois
Les mesures annoncées par le Président de la République, cette semaine, après ses rencontres avec le patronat et les syndicats, puis avec les élus de l’outre-mer, ont un point commun : elles ont déçu parce qu’elles ne sont pas à la mesure des attentes ; elles sont ponctuelles et éphémères ; elles ne résolvent aucun des problèmes de fond posés par la mobilisation populaire, tant en métropole qu’en Guadeloupe. Sarko prétend éteindre un incendie avec un verre d’eau.
Ces dispositions- 2,6 milliards € et 580 millions € pour l’outre-mer-se résument en des primes ou des exonérations fiscales circonstancielles.
Nous sommes à cent lieues des préoccupations exprimées, qui touchent au pouvoir d’achat et à l’emploi, lesquels sont structurellement affectés.
Au fil des années, la rémunération du travail et donc le travail lui-même ont été dévalorisés.
Demander une augmentation de salaire est devenu un gros mot. Au mieux, vous pouvez prétendre à une prime, à un intéressement et autre expédiant, si tout va bien (pour qui ?)
La part des salaires dans la répartition des richesses créées s’est fortement réduite depuis le début des années 80. Elle est inférieure de 10 points à son point culminant en 1981. Pourtant, dans le même temps, la productivité du travail s’est accrue dans des proportions considérables. Ces gains ont donc servi à la rémunération du capital et des actionnaires au détriment des salariés à un tel niveau qu’il existe aujourd’hui des travailleurs disposant d’un emploi, mais dans l’incapacité de s’acquitter d’un loyer et vivant dans la pauvreté et le dénuement. La France compte 7 millions de chômeurs et précaires.
Et l’inquiétude grandit face à la multiplication des plans sociaux, des suppressions d’emplois, du chômage technique.
La vérité est qu’on ne construit pas une économie prospère sur le dos des salariés au seul profit des actionnaires.
Face à tout cela s’ajoute un profond sentiment d’injustice : 2,6 milliards € pour les salariés, 580 millions € pour nos compatriotes d’outre-mer et en même temps, 8 milliards € d’exonérations de taxe professionnelle pour les entreprises- et ce sont les plus grandes qui seront les mieux servies, 15 milliards de bouclier fiscal pour les plus riches, chaque année, 45 milliards € d’exonérations annuelles de cotisations sociales pour les entreprises sans effet sur l’emploi, selon la Cour des comptes.
Relancer la consommation conduirait à la faillite, nous dit Sarko. Cela favoriserait les importations. Il serait bien inspiré de jeter un œil sur ce rapport du Sénat (n°169) qui montre que pour un ménage, sur 100 € dépensés, 14 € seulement correspondent à des produits importés. Chez les plus modestes, cette part tombe même à 12,70 €. Un rapport de l’OFCE confirme ces données.
Autre argument sarkozyen : si nous leur donnons de l’argent, les français vont l’épargner et non le consommer. L’OFCE montre que 95% de ce qu’on donne aux plus pauvres est consommé tout de suite, qu’en revanche 20% seulement l’est chez les plus riches.
Sarko a donc tout faux.
Nous allons le lui rappeler le 19 mars prochain.