Une autre politique pour la France, un projet de développement pour le Nord-Compiégnois
A l’heure où j’écris ces lignes, je ne sais pas encore qui, de Martine Aubry ou de Ségolène Royal, présidera aux destinées du Parti socialiste.
Ce que je sais, en revanche, c’est que ce crêpage de chignons devant la France entière au moment où la crise du capitalisme étend ses ravages, où l’on nous prédit 300 000 suppressions d’emplois en 2009, fait plus que désordre. Il est indécent quand l’urgence serait de proposer une alternative à cette ravageuse économie de marché, qui envahit sans cesse davantage, au rythme des réformes sarkozyennes, toutes les activités humaines.
J’ai cru comprendre que Martine Aubry souhaitait ancrer le PS à gauche, que Ségolène Royal le voulait plus moderne et rajeuni. Je me méfie de l’emploi abusif du vocable « moderne » car il sert à la droite à justifier tous les reculs sociaux. Mais gardons-nous de tout procès d’intention.
Il reste qu’il est un peu difficile de s’y retrouver. Martine Aubry bénéficie du soutien de Laurent Fabius, qui incarne la gauche du PS depuis sa campagne en faveur du non à la Constitution européenne. J’ai toutefois du mal à oublier qu’en 1983, il fut le premier ministre du tournant de la rigueur, de l’abandon des engagements de François Mitterrand et le géniteur des premiers contrats de travail précaire, ces fameux TUC.
Martine Aubry a rallié également Bertrand Delanoë, qui s’affiche « libéral ».
Du côté de Ségolène Royal, nous trouvons Julien Dray, qui fut autrefois le leader de la gauche socialiste après être passé à la LCR.
Dans son sillage figurait alors Jean Luc Mélenchon qui vient, lui, de claquer la porte du PS pour créer le « parti de la gauche » et se rêve en Oscar Lafontaine français. Dans les mêmes rangs, nous trouvions Laurence Rossignol qui est devenue, quant à elle, porte parole de Martine Aubry.
Bref, une chatte n’y retrouverait pas ses petits et nous ne pouvons qu’avoir le sentiment que la sinuosité du parcours des uns et des autres relève plus du plan de carrière, de la volonté de durer en politique que de l’engagement à changer la société.
Au Parti communiste, le tableau n’est guère plus réjouissant. Là, on navigue à vue.
Un jour, on est nostalgique de la gauche plurielle dans laquelle on a perdu son âme. Ainsi, le temps d’une fête de l’Huma, on festoie avec François Hollande en trinquant aux lendemains qui (dé)chantent.
Puis, on se lance dans le rassemblement des antilibéraux, une mission impossible, tant il est illusoire de vouloir fédérer toutes ces chapelles gauchistes et trotskysantes peuplées de coupeurs de cheveux en quatre dans le sens de la longueur, qui sont la plus sûre garantie pour la droite de rester au pouvoir pour l’éternité.
La dernière trouvaille, c’est l’alliance avec Mélenchon.
Marie Georges et Jean-Luc se voient déjà fonder le « die Linke » à la française qui, en Allemagne, bouscule les sociaux-démocrates. Sauf que die Linke ne s’est pas encore compromise dans les renoncements de l’exercice du pouvoir.
La lune de miel pourrait ne durer que le temps de la prochaine déconvenue électorale.
Bref, la gauche est bien triste. Et pourtant, quel espace s’offre à elle face à un capitalisme dont les limites sont concrètement perceptibles par les citoyens. Encore faudrait-il se décider à le braver. Mais en ce moment, la gauche fait plutôt dans la « bavitude » (du verbe « baver »).