Une autre politique pour la France, un projet de développement pour le Nord-Compiégnois
Un enseignant sur deux était en grève, jeudi dernier, dont près de 70% dans le primaire. Les manifestations à travers toute la France ont rassemblé plus de 200 000 personnes. A l’évidence, l’exaspération est à son comble : 11 200 suppressions de postes en 2008, 13 500 programmées en 2009 (6 000 en maternelles et élémentaires, 7 500 dans les collèges et les lycées), mise en cause de l’école maternelle, liquidation des RASED (aide aux élèves en difficulté), matières essentielles devenant optionnelles en premières et terminales, etc.…
Dans ces conditions, les enseignants sont dans l’impossibilité de remplir leur mission de transmission des savoirs et d’apprentissage de la citoyenneté. Et ils ne le supportent pas.
Mais M. Darcos ne voit rien, n’entend rien.
Il affiche une arrogance et un mépris à l’image sans doute de l’école dont il rêve : une élite accédant à la connaissance et une armée de jeunes soumis à la précarité, taillables et corvéables à merci en situation de survie et donc silencieux et dociles.
Le second évènement de la semaine est du même acabit. 534 magistrats sont cosigné une pétition dénonçant la politique pénale schizophrène de Rachida Dati et son autoritarisme cynique. La réponse ministérielle a été du même niveau que celle de M. Darcos. Ces enseignants et ces magistrats, des manants !
Jusqu’à quand le gouvernement pourra-t-il conserver cette posture inspirée de Marie-Antoinette : « S’ils n’ont pas de pain, qu’ils mangent de la brioche » ?
Jusqu’à ce que Louis XVI s’écrit, au soir du 14 juillet 1789 : « Mais c’est une révolte ? » et s’entendit répondre par le duc de la Rochefoucauld-Liancourt : « Non, sire, c’est une révolution. »
Alors, il y a loin de la coupe aux lèvres. Il n’en reste pas moins que la France est traversée d’une multitude de mouvements sociaux qui, s’ils trouvent la voie pour se fédérer, pourraient imprimer une autre tournure à l’actuel et funeste cours du temps.