Une autre politique pour la France, un projet de développement pour le Nord-Compiégnois
Poclain Hydraulics à Verberie a reçu, le 26 mai dernier, la visite de Sarkozy. Il s’agissait de l’un de ces déplacements nombreux du Président qui lui permettent les effets d’annonces dont il a le secret.
En l’occurrence, il était venu, en particulier, vanter les mérites de la participation et de l’intéressement des salariés aux bénéfices.
Ainsi Sarko a-t-il promis que l’intéressement serait doublé en quatre ans.
Les employés de Colgate à Compiègne avaient, pour leur part, déjà, fait leurs comptes.
Leur multinationale enregistre, chaque année, des profits record. Or, ils constatent que leur prime d’intéressement diminue. En outre, leur direction entend geler les sommes accordées durant au moins cinq ans sur un compte.
Conséquence : les salariés de Colgate voient bien qu’il est loin le temps où leurs salaires figuraient parmi les plus élevés de la région et qu’ils sont confrontés, comme partout, à un pouvoir d’achat en berne. Ne pouvoir, de surcroit, utiliser leur intéressement, trop, c’est trop !
L’usine vient donc de connaître un de ses mouvements sociaux les plus durs.
Leur action a été plus efficace que les envolées de Sarko. Colgate a dû reculer.
Quelle leçon en tirer ?
Après le coup des heures supplémentaires, du « travailler plus pour gagner plus », Sarko vient de nous ressortir les vieilles lunes de la participation et de l’intéressement.
Les salariés seraient évidemment bien bêtes de ne pas prendre ce qu’on leur donne.
Reste que tous ces dispositifs ponctuels et aléatoires sont, en réalité, autant de prétextes pour ne pas augmenter les salaires, diminuer le coût du travail et accroître les marges des actionnaires.
N’oublions pas que ces primes ne comptent pas, par exemple, dans le calcul des droits à la retraite.
Autrefois, les chasseurs d’oiseaux utilisaient un piège particulier. Il se composait de morceaux de bois garnis de miroirs. Lorsqu’il était agité, il provoquait des reflets brillants qui attiraient les oiseaux que les chasseurs n’avaient plus qu’à capturer au filet et à abattre au fusil.
Ce piège s’appelait le « miroir aux alouettes ».