Une autre politique pour la France, un projet de développement pour le Nord-Compiégnois
Nicolas Sarkozy vient d’annoncer l’envoi de 1 000 soldats français supplémentaires en Afghanistan.
Nous comptons déjà 2 200 militaires sur place qui, pour l’essentiel, encadrent et forment l’armée afghane.
Mais ce que la France s’apprête à faire change de nature la présence de nos forces sur le terrain. Il s’agit très clairement de prendre part aux combats.
D’ores et déjà, les termes employés par le Président de la République à Londres, au cours de cette semaine, ont frappé les observateurs par leur similitude avec ceux tenus par Bush justifiant la présence des troupes américaines en Irak comme en Afghanistan au nom de la lutte contre le terrorisme.
« Parce qu’en Afghanistan se joue une partie de la lutte contre le terrorisme, a déclaré N. Sarkozy, donc on doit gagner… C’est un engagement de longue durée. Et si les conditions sont réunies, pourquoi ne pas y aller plus nombreux. » C’est du Bush en copier-coller !
Notons que le candidat Sarkozy affirmait, en avril 2007 sur France 2 : « La présence à long terme des troupes françaises à cet endroit du monde ne me semble pas décisive ».
Alors, contradiction ?
L’annonce de la décision française sur le sol britannique, c’est-à-dire dans le pays le plus directement engagé aux côtés des Etats-Unis, est tout à fait révélatrice. Et les parlementaires français l’auront appris en lisant leurs journaux.
Nous assistons à un profond changement de doctrine dans la politique étrangère de la France, à une réintégration dans l’organisation de l’OTAN, à un ralliement aux thèses et objectifs de l’administration Bush.
Nous savons où cela mène. Le bourbier irakien, l’engagement américain, au prétexte initial de la présence d’armes de destructions massives jamais trouvées, ne désamorcent pas le terrorisme. A l’inverse, ils le nourrissent. Ainsi les fondamentalismes et les intégrismes prospèrent sur ce terrain-là. Et l’Afghanistan présente les mêmes caractéristiques.
Déjà plus de 40 000 soldats étrangers sont sur place. Des milliards de dollars et d’euros sont engloutis quand, dans le même temps, les pays occidentaux se sont révélés incapables de respecter leur engagement d’une aide de 10 milliards de dollars promis à l’Afghanistan pour sa reconstruction. Conséquence : les talibans se ressourcent de la guerre contre les occupants et du dénuement des populations.
La France avait l’habitude de faire entendre la voix de la sagesse sur la scène internationale, de la supériorité de la diplomatie sur l’affrontement, du respect du multilatéralisme, plutôt que d’un monde unipolaire sous bannière américaine, inhumain et dangereux.
Sarko annonçait la rupture. En voilà une. Et elle est de taille. La France y perdrait sont âme, et une certaine idée que le Général de Gaulle avait de notre nation.