Une autre politique pour la France, un projet de développement pour le Nord-Compiégnois
Il existe des mots qui sont bannis du vocabulaire politique.
« Austérité » est de ceux-là. Il rappelle trop le plan Barre à la fin des années 70.
La gauche avait inventé la « rigueur » lorsqu’en 1983, elle jeta aux oubliettes les promesses de 1981. Lui aussi est désormais banni.
Comment faut-il donc appelé les 166 mesures annoncées, vendredi, par Nicolas Sarkozy ? Il s’agit d’une « gestion sérieuse du budget de l’Etat. »
En tout, 7 milliards de coupes claires dans les budgets publics. Pas un secteur n’est épargné : l’emploi, la formation professionnelle, la santé, la solidarité, la politique familiale.
Un exemple : le logement social avec l’abaissement de 10% du plafond pour y accéder afin de diminuer le nombre des ménages pouvant en bénéficier. Cela implique une augmentation des surloyers pour les personnes logées en HLM mais dépassant le plafond de ressources, afin de les pousser dehors. Génial ! Et surtout idéal pour généraliser les ghettos de la misère, tandis que ceux qui ont un tout petit plus que ceux qui n’ont plus rien ne trouveront pas à se loger auprès des bailleurs privés.
Le ministre du budget, Woërth, qui pourtant n’a rien d’un comique troupier, déclarait en fin de semaine : « L’opposition devrait commencer à changer son vocabulaire ; elle devrait ouvrir un dictionnaire et regarder s’il n’y a pas d’autre mot, parce que ça ne veut rien dire. »
Les enseignants et lycéens dans la rue ont pourtant, eux, bien compris que cela voulait dire quelque chose : des milliers de postes supprimés et des conditions d’enseignement encore dégradées.
Il faut appeler un chat un chat. Pour chaque chose, il y un mot. Et les français ont commencé à comprendre qu’avec Sarko, il n’y avait même que des maux !
Au fait, comment le gouvernement trouve-t-il de l’argent quand il offre 15 milliards d’€ de cadeaux fiscaux aux plus riches ou envoie 700 soldats supplémentaires en Afghanistan ?