Une autre politique pour la France, un projet de développement pour le Nord-Compiégnois
Le théâtre national de l’Odéon ne faillit pas à sa légende. Il a toujours été le lieu de ces évènements qui défraient la chronique.
Pour mémoire, Jean Genet y créa les Paravents en 1966, objet de scandales, puis il fut le siège d’une occupation historique, deux ans plus tard, en 1968.
Mercredi dernier, il renouait avec les grands rendez-vous. Tout le théâtre public était là avec ses créateurs les plus prestigieux et même jusqu’aux plus institutionnels : Murielle Mayette, administratrice de la Comédie Française, Olivier Py, directeur de l’Odéon, Jean Pierre Vincent, Compagnie Studio libre, Ariane Mnouchkine, Théâtre du Soleil, Stéphane Braunschweig, Théâtre national de Strasbourg, Patrice Chéreau…
Une mobilisation jamais vue pour dénoncer l’asphyxie par le gouvernement du théâtre public.
6% en moins ici, 4% là… et ces subventions rognées ne sont que l’écume. Nous sommes face à une offensive en règle contre le spectacle vivant public, « une fin de cycle » comme dit la Ministre de la culture, Madame Albanel. C’est une conception même de la culture qui est mise à mal, la disparition d’une identité culturelle forgée dans la tradition incarnée par Malraux ou Duhamel.
Il y a eu la réforme des intermittents du spectacle. Aujourd’hui, c’est l’étranglement financier.
Mais le mode d’emploi est à chercher dans la lettre de cadrage de Sarkozy relative à la culture. Celle-ci se mesure désormais à l’aune de ses coûts. Et il faut faire du résultat. Elle est jugée comme une charge dans l’univers impitoyable du marché. Le rapport Jouyet évoquait à son sujet et en perspective, « l’économie de l’immatériel ». Tout un programme !
Pour Sarkozy, la culture, c’est un truc de « bobos ». Ce qu’il faut, c’est du divertissement standardisé, « Star Académisé », de la niaiserie et de la vulgarité, tel que l’incarne Bigard que le Président n’hésita pas à élever au rang d’ambassadeur culturel lors d’un déplacement au Vatican. Il faut distraire le peuple. Cela l’empêche de réfléchir.
L’accès à la culture pour tous vise, à l’inverse, à donner du sens, à mieux s’approprier le cours du temps, à être toujours plus humain, c'est-à-dire maître de son sort.
L’écrivain italien, Elio Vittorini, déclarait : « La culture est la force humaine qui découvre, dans le monde, les origines d’un changement et lui en fait prendre conscience. »
L’appel de l’Odéon n’est surtout pas l’affaire des professionnels de la culture. Elle concerne tous les hommes car sans culture, il n’y a pas d’aventure humaine.