Spaghetti Barilla chez Carrefour : +45% ; jambon Fleury Michon chez Intermarché : +44% ; Yaourt Yoplait chez Auchan : +40% ; Lait Candia chez Carrefour : +37% ; Camembert Président chez Auchan : +32% ; biscuits au chocolat chez Hyper U : +25%... Telles sont les hausses de prix enregistrées sur des produits de consommation courante depuis novembre 2007.
Cette flambée donne la mesure de l’offensive contre le pouvoir d’achat, déjà confronté à des salaires qui stagnent et à un chômage qui repart malgré les chiffres tripatouillés du gouvernement.
« Pas assez de concurrence », répète Sarkozy et Fillon. Sans blague ! Au même moment, le Figaro révélait que neuf multinationales de produits de grande consommation s’étaient concertées pour organiser la hausse des tarifs. Au centre de l’opération : l’anglo-néerlandais Unilever, le britannique Reckitt Benckiser, l’allemand Henkel et les américains Procter et Gambel, Sara Lec, Colgate-Palmolive et SC Johnson.
La manœuvre porte sur les liquides vaisselle, les gels douche, les dentifrices et les cosmétiques.
La revendication bruxelloise d’une « concurrence libre et non faussée » apparaît bien dérisoire dans ces conditions. La production comme la distribution des produits de consommation sont aux mains de quelques géants en situation de monopoles. Le capitalisme produit en définitive le contraire de ce qu’il revendique : la libre entreprise, le jeu de l’offre et de la demande…
Tout cela même est battu en brèche et l’unique boussole sert à mesurer le niveau de rémunération des actionnaires de ces groupes qui se partagent le gâteau sur le dos des consommateurs.
Les gouvernements, s’ils restent l’arme au pied, sont condamnés à n’être que les spectateurs passifs de ce monopoly géant et à s’agiter en tout sens pour faire croire qu’ils agissent sans rien faire.