Une autre politique pour la France, un projet de développement pour le Nord-Compiégnois
Après Arcelor Mittal à Gandrange, Sarko a continué sa tournée des popotes industrielles sinistrées. Il était, jeudi dernier, à Noyelles-Godault, dans la ville natale de Maurice Thorez, sur le site de Metaleurop, où ont été licenciés, voici cinq ans, les 830 salariés de la fonderie.
Il a stigmatisé le capitalisme « sans foi, ni loi » et revendiqué un capitalisme « intelligent ».
Emporté par son élan oratoire, il s’est risqué à affirmer que « près de 700 emplois avaient déjà été crées et que 1 800 le seront au total d’ici à trois ans, soit plus qu’il y en avait à l’époque de Metaleurop ».
Cet enthousiasme a fait grincer les dents des anciens salariés, qui vivent au quotidien une toute autre réalité, d’autant qu’au ravage du chômage s’ajoute une pollution à grande échelle, qui a provoqué nombre de victimes au plomb.
Face au capitalisme « sans foi, ni loi », le Président a préconisé la mise en place d’un fond national pour la réindustrialisation abondé par l’Etat, les collectivités locales et les entreprises.
Est-il bien raisonnable et « intelligent » d’engager les fonds publics pour réparer les dégâts économiques et sociaux de groupes, qui réalisent des profits colossaux, tel Arcelor Mittal, ses 7 milliards de bénéfices, dont 3 milliards seront reversés aux actionnaires contre près de 600 emplois supprimés à Gandrange ?
Le philosophe André Comte Sponville s’interrogeait, dans un ouvrage daté de quelques années : le capitalisme est-il moral ? C’est sans doute ce que Sarko veut dire en parlant d’ « intelligence ».
La réponse était que la morale n’entrait pas dans le champ de la logique du capital. Elle lui était extérieure. La seule boussole était le taux de profit, les salariés n’étant que des variables de fluctuation de ce taux.
Il n’existe donc pas de capitalisme moral, ou intelligent. Il n’existe que des rapports de forces qui borne l’amoralisme du capital, limite son emprise sur la société.
Le problème avec Sarko, c’est que toute sa politique consiste à lever les entraves imposées au capital et à lui permettre d’envahir toutes les activités humaines.
On ne peut donc faire tout et son contraire, sauf à brasser de l’air, exercice dans lequel Sarko excelle mais qui a déjà trouvé ses limites après huit mois d’exercice du pouvoir.