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Une autre politique pour la France, un projet de développement pour le Nord-Compiégnois

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L’EPREUVE DE VERITE

J’évoquais, la semaine dernière, ici-même, l’arrogance cynique dont Sarkozy faisait preuve en s’octroyant une augmentation de 172% de son salaire quand, dans le même temps, le Parlement votait un budget d’austérité pour 2008 frappant les français et annonciateur de jours encore plus sombres à partir de 2009 (franchises médicales, TVA sociale, etc.) A ce sujet, je songeais à la réplique de Marie Antoinette devant un peuple réduit à la misère : « qu’il mange de la brioche ».
Je ne croyais pas si bien dire. Face à la flambée du prix des carburants, Mme Lagarde, ministre des finances, s’est écriée en direction des français : « qu’ils fassent du vélo ! » J’avais donc raison : le cynisme des puissants nous gouverne.
A la pompe, le litre de sans plomb 95 s’élève désormais en moyenne à 1,30€ et le gasoil à 1,14€. Responsable : l’augmentation du prix du pétrole brut ?
Et si nous y regardions de plus près.
Le baril (159 litres) a atteint, il est vrai, le prix de 98 dollars, cette semaine. Cela signifie donc que le litre de pétrole brut s’élève à 0,62 dollar.
Mais alors où va donc la différence entre ce coût de départ et le prix de vente à la pompe de 1,87 dollar (1,30€) du sans plomb 95 ?
Car cela porte, en définitive, le prix de vente du baril aux consommateurs à 298 dollars, soit trois fois plus que le prix d’achat et une marge de 200 dollars sur le prix d’achat du pétrole brut.
Les compagnies pétrolières s’octroient 72 dollars de marge sur le baril, en empochant 36% du prix de vente à la pompe.
Alors, certes, il faut raffiner, transporter mais les marges sont confortables et les hausses du pétrole brut sont pain béni pour elles.
Ainsi le groupe Total, pour les neuf premiers mois de l’année 2007, a réalisé un bénéfice de 9,581 milliards d’€, soit plus de 1 milliard d’€ par mois, malgré une chute du dollar, qui a amputé ces résultats de 10%.
Il va battre son record de 2006, qui lui avait assuré un chiffre d’affaires de 153,80 milliards d’€ et un bénéfice de 12,585 milliards d’€, en augmentation de 5% sur 2005.
L’Etat, pour sa part, avec des taxes qui représentent 64% du prix de vente à la pompe, s’octroiera 128 dollars de bénéfice sur le baril.
Voilà qui relativise les discours de Sarkozy, Fillon, Lagarde et Woërt sur le thème : « le pétrole est cher, on n’y peut rien ; faut faire avec ! »
Grâce à la TVA, l’Etat s’enrichit sur la hausse des prix du carburant. Plus le tarif à la pompe est élevé, plus les consommateurs paient de TVA. Celle-ci se situe au 4ème rang des rentrées fiscales perçues par l’Etat, chaque année.
Cela signifie qu’une diminution de 10% des taxes perçues permettrait d’économiser 13€ par baril d’essence au profit du consommateur avec une baisse immédiate de 9 centimes par litre.
Ajoutons que la France a une fiscalité sur les carburants parmi les plus élevées de l’Union européenne : 64% contre 54% de moyenne dans l’UE.
Les marges existent donc pour diminuer le prix du carburant à la pompe, d’autant que les pertes fiscales qui en résulteraient pour l’Etat pourraient être compensées par une mise à contribution des compagnies pétrolières sur leurs super-profits.
Sarkozy se voulait le Président du pouvoir d’achat des français, pas seulement du sien. Le moment est venu de passer aux actes, d’autant que telle est la première préoccupation de nos concitoyens qui considèrent à 71% que les mesures du gouvernement ne sont pas efficaces de ce point de vue (sondage CSA- Le Parisien- 7 et 8 novembre 2007)
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