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Une autre politique pour la France, un projet de développement pour le Nord-Compiégnois

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NOUS SOMMES TOUS DES CHEMINOTS

Quelle mouche a donc piqué Sarkozy ? Six mois seulement après son élection, la France connaît un mouvement social d’une ampleur qui n’est pas sans rappeler les grèves de 1995 et les mobilisations de 2003.
Comment concevoir que le Président de la République ait pris un tel risque à partir de la réforme des régimes spéciaux de retraite qui ne concerne que 500 000 personnes ? Ces salariés sont-ils donc la menace suprême, ces pelés, ces galeux d’où viendrait tout le mal, pour paraphraser La Fontaine ? Est-ce donc la mère des réformes de la rupture sarkozyenne ?
Rappelons-nous qu’en 1995, c’est sur un projet semblable que Balladur s’était cassé les dents. Sarkozy serait-il donc inconscient ?
Sa mégalomanie n’est pas un mystère : il prétend réussir là où les autres ont échoué.
Là est le coin du voile. Il se dit, en réalité, que s’il parvient à briser ce qui reste des avancées sociales les plus en pointe dans ce pays, le reste cèdera aisément. La porte sera ouverte pour passer à la trappe le droit du travail, le système de santé, la protection sociale ; bref, tout ce qui a été imposé au capital pour le contraindre à la redistribution sociale d’une partie de ses profits.
L’issue du mouvement en cours se joue dans l’opinion publique. Pour Sarkozy, il faut stigmatiser ces cheminots « privilégiés », « nantis »… Le secrétaire général de l’UMP, Devedjian, appelait même à des manifestations anti- grève, donnant à tout cela un fumet de guerre civile larvée…
Prenons conscience que si Sarkozy parvient à son but, la contre-révolution libérale déferlera en France. La société, dont rêve Sarkozy, les siens et le MEDEF, c’est le modèle anglo-saxon d’un libéralisme débridé, sans bornes, ni protection sociales… Les lois du marché y sont la norme, la concurrence entre les individus est exacerbée. La société se repartit entre les bénéficiaires du système, c’est-à-dire les plus riches ; à l’autre bout, des millions d’exclus, de précaires et au milieu, des millions d’autres gens, qui prient pour que leur situation ne bascule pas sous les effets d’un plan social, d’une délocalisation ou d’une fermeture de leur entreprise.
L’offensive sarkozyenne ne porte pas que sur les régimes spéciaux. C’est de la même veine qu’est issue la réforme des universités qui, selon les moyens qu’elles se donneront, seront prestigieuses et élitistes ou médiocres et résiduelles.
La carte judiciaire se mesure à la même aune. Fillon l’a dit : la réforme de l’Etat, ce sera moins de services, moins de personnels, moins d’Etat dans nos territoires. La justice n’y échappe donc pas, comme tous les services publics.
Le mouvement étudiant est monté, cette semaine, en puissance. La mobilisation des juristes et des élus ne faiblit pas.
Comme en 1995 et en 2003, comme en 2005 avec le non à la Constitution européenne, un même refus parcourt les dynamiques sociales : l’opposition à la jungle libérale et l’exigence d’une société juste et solidaire, qui ne soit pas une machine à exclure mais une chance offerte à chacun de réussir.
Nous sommes aujourd’hui tous des cheminots et des étudiants.

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