Sarkozy s’est donc rendu au Guilvinec pour affronter la colère des marins-pêcheurs. Sous les feux de la rampe, Sarkozorro nous a rejoué la scène déjà vécue avec les cheminots de Saint Denis ou la « racaille » des banlieues, car, lui, le justicier n’a peur de rien.
Le problème avec Sarkozorro, c’est que tout est illusion. Mais les illusions ne durent qu’un temps.
Il exonère les marins de charges patronales et salariales pour six mois. Mais cela ne change rien au problème et revient à casser le thermomètre pour faire baisser la fièvre. Car que se passera-t-il dans six mois ?
Il veut répercuter le coût du gazole sur le prix du poisson. Merci pour les consommateurs dont le pouvoir d’achat va donc encore en prendre un coup. Conséquences : baisse de la consommation, moins de ventes des produits de la mer, surproduction, baisse des cours et donc problème de débouchés pour les pêcheurs. Et pour couronner le tout de ces mesures plus dangereuses qu’efficaces, Sarkozorro se fait remonter les bretelles par Bruxelles pour atteinte à la concurrence libre et non faussée.
Et on y revient : quid des taxes de l’Etat sur les carburants ? Sarkozorro n’en a pas parlé.
Il aura maintenant à affronter, cette semaine, la grève à la SNCF, à la RATP, l’occupation des universités, les juristes, puis les fonctionnaires, les assurés sociaux…
« Je tiendrai », affirme-t-il. D’autres l’ont dit avant lui. Le masque de Sarkozorro pourrait tomber plus vite que prévu, car les réformes annoncées, la rupture promise me fait songer à la réplique célèbre du prince Salina dans le Guêpard, porté à l’écran par Visconti.
Face aux tourments révolutionnaires qui marquent la deuxième moitié du 19ème siècle en Sicile et en Italie sonnant le glas de l’ordre ancien, le prince déclare : « Si nous voulons que tout demeure, il faut que tout change ».
Sarkozorro a dû lire le roman de Lampedusa.