Une autre politique pour la France, un projet de développement pour le Nord-Compiégnois
Qui ne se réjouira de la libération des infirmières et du médecin bulgares détenus durant huit ans en Libye ? Ils ont regagné leur pays et recouvré la liberté.
Ce qui, en revanche, est détestable, une fois de plus, c’est l’exploitation à laquelle Nicolas Sarkozy s’est livré et qui a occupé les écrans durant le week-end dernier et toute cette semaine. Nous avons d’abord eu droit au retour de Cécilia à Tripoli avec une illustration médiatique très people. On se demande encore ce qu’elle venait faire dans cette galère et, surtout, avec quel statut. Il s’agissait tout de même d’un contentieux international. Or la diplomatie française ès qualité était absente ; le ministre des affaires étrangères, Bernard Kouchner n’avait plus qu’à manger son chapeau. Il était doublé par le secrétaire général de l’Elysée accompagnant Cécilia. C’était Tintin au Congo.
Le second épisode fut le retour des captifs libérés à Sofia à bord d’un avion officiel français dans lequel avait pris place la désormais incontournable Cécilia, qui savourait sa nouvelle stature de diplomate avisée. Là, on pensait plutôt aux Bijoux de la Castafiore.
Il en est une, en revanche, qui avait bien des raisons de ronger son frein : Madame Benita Ferrero- Waldner, commissaire européenne aux relations extérieures. Voilà de long mois qu’elle travaille sur ce dossier délicat. Elle a peu goûté que les époux Sarkozy s’invitent au dernier round des négociations. Le futur Président de la République a commencé, en effet, à se préoccuper des infirmières bulgares durant sa campagne électorale, n’hésitant pas alors à s’afficher avec les membres des familles des détenues.
La ficelle lui a donc paru un peu grosse. Il en est de même des associations humanitaires qui, elles non plus, n’ont pas ménagé leurs efforts.
Mais que ne ferait-on pas à l’Elysée pour un coup d’éclat de plus, susceptible de servir son locataire, lequel ne connait qu’une ligne politique : l’esbroufe. Seulement voilà, plus cela brille, moins c’est de l’or.
La cerise sur le gâteau est intervenue en milieu de semaine avec la visite de Sarkozy en Libye. Nous comprenions mieux alors que le cinéma people de Cécilia destiné à engranger les fruits que d’autres avaient fait pousser dissimulait tout autre chose qu’un dessein humanitaire.
Sarkozy était venu à Tripoli pour affaires. La Libye dispose d’importantes réserves de gaz et de pétrole, d’énormes besoins en infrastructures, dans le secteur bancaire et touristique mais offre également des perspectives de ventes d’armements. Nous apprenions, jeudi, qu’un accord de coopération dans le nucléaire civil avait été signé ainsi qu’un autre en matière de défense et d’industrie de défense.
Bref, nous voyons l’extraordinaire manipulation, exploitant l’émotion qu’a suscitée le sort des infirmières au profit d’objectifs d’une autre nature.
Les yaourts bulgares sont connus pour être savoureux et onctueux. Ceux que nous a servis le clan Sarkozy, cette semaine, était bien loin de ces délices-là.