Cette semaine, les agents de la Direction de l’Animation de la Recherche , des Etudes et des Statistiques du Ministère de l’Emploi (DARES) étaient en grève.
Ils entendaient contester la publication des chiffres du chômage du mois de mars.
Le gouvernement, les directions de la DARES et de l’INSEE ont, en effet, décidé, malgré les protestations de nombreux statisticiens, de poursuivre la publication des chiffres du chômage basés sur les fichiers ANPE, sans les corriger, cette année, en fonction des résultats de l’enquête de l’INSEE, censuré jusqu’à l’automne. Et pour cause : cette enquête aurait conduit à relever d’au moins 0,3 point le taux officiel du chômage et à neutraliser la prétendue baisse des demandeurs d’emploi observé depuis 2005 dans les fichiers ANPE.
Mercredi, des sociologues, historiens, économistes et statisticiens ont apporté leur soutien aux agents de la DARES et demandé à Jean Louis Borloo, rebaptisé pour l’occasion « ministre de la baisse des chiffres du chômage » de suspendre la publication de ces données fausses relevant « de la manipulation de l’opinion publique ».
Le gouvernement n’en a pas moins persisté dans son opération de propagande, arguant de la constance de l’instrument de mesure. Un mensonge de plus, puisque les agents de la DARES relèvent quatre modifications administratives adoptées par l’ANPE, qui ont permis de faire baisser artificiellement le baromètre officiel du chômage.
En plus donc du travestissement du programme Sarkozy en conte de fées, la réalité elle-même est aux mains des faussaires gouvernementaux. Tout cela pour que les français prennent des vessies pour des lanternes et couronnent le candidat de l’UMP.
A méditer de toute urgence avant de voter, le 6 mai.