Une autre politique pour la France, un projet de développement pour le Nord-Compiégnois
La campagne des « Enfants de Don Quichotte » avec l’installation de tentes de SDF le long du canal Saint Martin a fait mouche.
Jacques Chirac, à l’occasion de ses vœux, a mandaté le gouvernement afin d’instaurer le « droit au logement opposable » (porter en justice le fait de ne pas se voir proposé de logement).
Il est pour le moins singulier, à quelques mois de la fin de la législature et du mandat présidentiel, de découvrir l’ampleur du drame de la misère en France et de s’en préoccuper avec la rédaction en catimini d’un projet de loi.
De Villepin en a révélé le contenu. La montagne risque fort d’accoucher d’une souris. En définitive, nous irions vers des essais expérimentaux localisés pour déboucher sur des mesures nationales… en 2012. Les SDF ont donc de nombreuses nuits encore à passer dehors et beaucoup d’hivers à affronter. Nous sommes davantage dans l’effet d’annonce pré-électorale que dans le concret.
Puisque le gouvernement est soudain sensible à la pauvreté, voici quelques suggestions :
- qu’attend-il pour exiger et obtenir l’application de la loi Solidarité et Renouvellement Urbain (SRU), votée en 2000, qui fait obligation aux communes de plus de 3 500 habitants d’offrir 20% de logements sociaux ? A défaut de pénalisations sévères et incitatives, ce seront les collectivités, qui déjà font les efforts nécessaires, qui seront sollicitées au terme du droit au logement opposable.
- pourquoi n’utilise-t-il pas, via les Préfets, le droit de réquisition des logements vacants prévu par l’ordonnance du 11 octobre 1945 et l’article L 641-1 du code de la construction et de l’habitation ?
- qu’attend-il pour interdire les expulsions locatives (100 000 par an selon
- pourquoi continue-t-il à aider davantage le secteur locatif privé, inaccessible aux bas revenus, plutôt que le secteur locatif social ? En 1995, le secteur locatif social représentait 32,4% de ses dépenses de logement et le secteur privé 18,3%. Dix ans après, la part du secteur social n’atteint plus que 23,5% et celle du privé 25,6%.
Pendant ce temps-là, 1,3 millions de personnes sont en attente de logements sociaux. Et en 2005, sur 400 000 logements construits, les trois quarts étaient destinés aux ménages les plus aisés.