Une autre politique pour la France, un projet de développement pour le Nord-Compiégnois
L’Assemblée Nationale examine depuis le 7 septembre le projet de loi de privatisation de Gaz de France. La combativité de l’opposition permet peu à peu de lever le voile sur la réalité des objectifs poursuivis et sur leurs conséquences.
A la Libération, le Général de GAULLE et le ministre communiste de la production industrielle Marcel PAUL décidaient de nationaliser le gaz et l’électricité. Au moment où il s’agissait de reconstruire la France, ils considéraient que la Nation devait avoir la maîtrise de son énergie et échapper, à cette fin, aux lois du marché. Ainsi il n’y avait pas d’actionnaire à rémunérer. Le gaz et l’électricité pouvaient être fournis aux Français, à prix coûtant, c’est-à-dire au prix d’achat complété des provisions nécessaires à l’entretien du réseau et à sa modernisation. Le caractère public de GDF offrait, par ailleurs, une garantie de stabilité aux pays producteurs et permettait donc de négocier des contrats de longue durée à des prix bas. Enfin, la population se voyait approvisionnée au même tarif sur tout le territoire national.
Ce dispositif a commencé d’être mis en cause à partir de 2000, avec les directives européennes imposant l’ouverture à la concurrence, d’abord pour les grandes entreprises et, à terme, également pour les particuliers. Est venue s’ajouter l’ouverture du capital d’EDF et de GDF. Ainsi depuis 2004, le gaz a-t-il augmenté de 23%. Il faut déjà rémunérer les actionnaires. La concurrence instaure une jungle des marchés et la flambée du pétrole n’arrange rien, dès lors que l’évolution du prix du gaz lui est indexée. Il est donc clair que la privatisation de GDF entraînera une envolée des tarifs du gaz. GDF vient d’annoncer un bénéfice semestriel record de 1,7 milliards d’€, en hausse de 44%. Ce résultat a été obtenu par l’augmentation des prix sur le dos des usagers et pour préparer la fusion avec Suez, dont il va falloir combler les dettes, et en vue de payer grassement les actionnaires.
Si nous voulons résister à la mondialisation capitaliste, il conviendrait à l’inverse de se doter d’un pôle public de l’énergie regroupant EDF et GDF. Telle est la condition pour maîtriser notre énergie, notre développement, notre indépendance et permettre à chaque famille en France d’être égale devant l’accès au gaz et à l’électricité.