Une autre politique pour la France, un projet de développement pour le Nord-Compiégnois
Nous avons échappé, cette semaine, à un péril majeur fort heureusement conjuré par un professionnalisme policier exemplaire : six fonctionnaires répartis en deux équipages sont intervenus héroïquement, mardi soir, aux portes de l’école primaire de Floirac en Gironde pour interpeller deux malfaiteurs soupçonnés de vol de vélos. Ils étaient âgés respectivement de 6 et 10 ans.
Embarqués dans le panier à salade, les bébés flingueurs ont été conduits manu militari au commissariat. L’histoire ne dit pas si au cours de la garde à vue, comme il est d’usage, les enfants se sont retrouvés nus, à quatre pattes, invités à tousser pour vérifier si l’affaire avait quelque fondement.
Mais s’agit-il d’un dérapage de policiers trop zélés ? Même Frédéric Lefèvre, porte parole de l’UMP, dont la pondération et la finesse des propos sont au moins habituellement comparables à des tirs tendus de grenades lacrimogènes, a avoué que « l’arrestation d’un enfant de 6 ans soupçonné d’un vol de vélo à la sortie de l’école n’était pas acceptable ».
Rappelez-vous donc les propos de Sarko appelant de ses vœux un dépistage, dès l’école maternelle, des futurs délinquants. Et son obsession d’abaisser l’âge de la responsabilité pénale et donc de l’incarcération de mineurs grâce à une réforme du code pénal et de l’ordonnance de 1945, comme si la prison avait la moindre chance d’intégrer des jeunes en perdition, alors qu’elle se révèle être une école de la dépravation et du crime. A ce jour, près de 650 mineurs croupissent derrière les barreaux.
Qui n’est pas atterré quand il entend au JT de 20h00 qu’un adolescent a poignardé son professeur pour une remontrance ou l’un de ses camarades pour un regard de travers ? La possibilité de fouiller les élèves à l’entrée des établissements à été évoquée, cette semaine. Qui peut croire que la généralisation d’un régime policier puisse régler une situation, qui conduit des ados à avoir à ce point aussi peu de sens de la vie et des autres qu’ils aillent jusqu’à transgresser le plus élémentaire des principes de fondement de la civilisation humaine. Que retiendront les deux enfants de Floirac de leur rencontre avec la police ? Une leçon de civisme ou une humiliation qui peut laisser des traces ?
Une société qui craint ses jeunes est malade.
Ils sont son avenir et le leur ne saurait se préparer en garde à vue.