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Une autre politique pour la France, un projet de développement pour le Nord-Compiégnois

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CONTINENTAL : L’ACCABLANT RAPPORT

Le cabinet d’expertise Secafi-Alpha mandaté par le CCE de Continental a rendu son rapport sur la situation du groupe et sur sa stratégie.

Il est terriblement éclairant.

Ainsi la fermeture programmée du site de Clairoix y est qualifiée de « délocalisation rampante ». La compétitivité du producteur de pneus n’est , en effet, pas menacée mais des documents font apparaître que l’ambition de Continental est d’accroître la part de sa production dans les pays à bas coûts pour la porter à 64,5%.

Ainsi la liquidation de l’usine de l’Oise vise à accroître la production dans les établissements de Püchov en Slovaquie, de Timisoara en Roumanie et de Otrokovice en République Tchèque.

Dès 2005, l’objectif de 60% du taux de production dans les régions low costs de la planète était annoncée. Le rapport précise que ce point a été acquis en 2008 et « ne semble être qu’une étape intermédiaire vers des objectifs économiquement plus ambitieux mais socialement désastreux ».

La Secafi montre également comment Continental a « plombé » l’usine de l’Oise afin de pouvoir l’accuser d’être trop chère. J’ai déjà eu l’occasion d’évoquer cet aspect ici.

Le rapport relève enfin que la somme d’environ 50 millions d’€ prévue pour financer la liquidation de Clairoix est notoirement insuffisante pour faire face aux exigences de reclassement des salariés licenciés, de ré-industrialisation du site et de dépollution. Le besoin est estimé à 200 millions d’€.

Reste une question lancinante devant cet effroyable gâchis industriel, social et humain annoncé : depuis plusieurs années, Continental ment sur ses objectifs réels. Il s’applique à couler son usine de Clairoix, tout en brouillant les cartes avec notamment ce fameux accord du retour aux 40 heures. Au final, il n’existe aucune raison économique à la fermeture, juste une volonté de délocaliser vers des terres où la main d’œuvre pourra être exploitée au moindre coût afin d’accroître les marges et les dividendes des actionnaires.

Nous savons donc qu’il ruse, qu’il ment et pourtant, il pourrait fermer tout de même au prix de quelques centaines de millions d’€ qu’il récupèrera sur le dos des salariés roumains, tchèques et slovaques, tel un délinquant qui paierait pour effacer ses délits et échapper au châtiment. Comment est-ce possible ? Et bien oui, c’est possible et les pouvoirs publics, censés être garants de l’intérêt général, regardent impuissants et finalement complices. Car la société fonctionne ainsi : le capital décide, l’Etat et les citoyens s’exécutent.

Le 28 mai prochain à l’Assemblée nationale, les députés communistes soumettront au débat et au vote une proposition de loi visant à empêcher ces licenciements et ces pratiques scandaleuses.

L’heure de vérité sonnera pour ces parlementaires qui versent des larmes de crocodiles sur Continental mais sont les chantres de cette société libérale qui permet ce carnage.

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