Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Une autre politique pour la France, un projet de développement pour le Nord-Compiégnois

Publicité

CONTINENTAL EMBAUCHE… EN ROUMANIE

Nous avons tous en mémoire les arguments présidant au projet de fermeture de l’usine Continental à Clairoix : une baisse de la demande mondiale de pneus, une diminution de la production de 30% et une main d’œuvre du site de l’Oise jugée trop chère.

Là où le bât blesse, c’est que le groupe allemand continue d’embaucher, et donc d’augmenter sa production… mais dans son entreprise roumaine de Timişoara.

Il y a encore deux ans, cette dernière fonctionnait mal et rencontrait des problèmes de qualité de sa production. Ce sont les ouvriers de Clairoix en particulier, qui ont formé leurs collègues roumains ; un transfert de technologie et de savoir-faire s’est opéré. Il s’apparente aujourd’hui à un pillage.

Les salaires à Timişoara sont au-dessus de la moyenne nationale roumaine entre 280 et 420 euros par mois (pour un salaire minimum roumain de 120 euros et un salaire moyen d’environ 300 euros) contre 1 700 euros en moyenne en France.

Il s’agit donc avec le projet de liquidation de Clairoix de délocalisation minutieusement orchestrée, surtout si nous considérons que le directeur du site roumain n’est autre que M. Thierry Wipff, qui présidait aux destinées de l’entreprise de l’Oise, voici deux ans.

Timişoara produit actuellement entre 13 et 14 millions de pneus par an et prévoit à terme d’atteindre les 30 millions, qui correspond à la production cumulée de Clairoix (entre 6 et 7 millions) et de Sarreguemines (entre 10 et 11 millions). Etrange coïncidence !

En outre, Continental continue d’investir en Chine où il vient d’inaugurer un nouveau centre de recherche et de développement, dans lequel travailleront 200 ingénieurs d’ici 2011.

Le groupe allemand veut réaliser 25% de ses ventes mondiales dans la région d’ici 2013 et compte déjà plusieurs sites en Chine.

Le récent sommet du G20 a clamé que, face à la crise, il n’était pas question d’utiliser l’arme du « protectionnisme », un gros mot pour tous les adeptes de la « concurrence libre et non faussée ».

La question mérite d’être posée car à ce rythme de destruction industrielle et de pratique du dumping social, les économies sont tirées vers le bas, les débouchés de productions appelés à se tarir sur fond de baisse de la consommation et d’appauvrissement des populations.

La Grande-Bretagne, la patrie du libre échange, a trouvé, elle, un moyen bien commode de protéger son économie en laissant filer sa monnaie de 30%.

Les Etats-Unis protègent leur acier et leur agriculture.

L’Asie s’est construite un modèle mixte incluant une protection de leurs champions industriels, en même temps qu’une incitation aux entreprises occidentales à s’installer sur leur territoire. L’Europe protège également- de plus en plus mal, il est vrai- son agriculture.

Alors faut-il laisser démolir notre patrimoine industriel, les emplois qui l’accompagnent ou n’est-il pas temps de dire « stop ! », d’interdire les licenciements et les délocalisations d’entreprises qui vivent du dumping social et fiscal mondial, d’introduire des droits de douanes sur les produits importés de ces groupes délocalisés, qui s’établissent sur les niveaux de distorsions salariales et sociales.

La question est appelée à devenir très vite incontournable au risque de notre déclin.

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article