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Une autre politique pour la France, un projet de développement pour le Nord-Compiégnois

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LES EAUX GLACEES DU CALCUL EGOÏSTE

Les Etats membres de l’Union européenne ont achevé, cette semaine, de mettre en place les différents dispositifs destinés à voler au secours des banques.

La facture s’élève à 1 700 milliards €, soit 19% du PIB de la zone euro.

A l’échelle de la planète, les pays développés ont prévu d’injecter 3 000 milliards € dans le sauvetage du système bancaire et financier.

Jeudi dernier se déroulait la journée internationale contre la faim, appelée officiellement et plus pudiquement « de l’alimentation ».

Aujourd’hui 923 millions d’humains souffrent de famine dans le monde, dont 75 millions de personnes de plus en 2008.

L’accroissement du drame est directement lié à la flambée spéculative. Ceux qui avaient misé sur les prêts hypothécaires américains devenus des créances pourries ont reporté leurs manœuvres spéculatives sur les matières premières agricoles. Ajoutées au coût du pétrole, ces dernières ont augmenté de 50% au cours des sept premiers mois de 2008. Et comme les pays pauvres ont été délestés de leurs cultures vivrières au profit de l’agro-industrie occidentale et du biocarburant, ils se sont retrouvés à devoir acheter aux pays riches de quoi survivre à des prix insupportables.

1% seulement du pactole de 3 000 milliards € qu’en quelques jours, les Etats des nations développées ont été capables de trouver pour les banquiers suffirait à assurer la sécurité alimentaire de ces populations menacées.

Seulement voilà, la vie n’a pas la même valeur selon que vous êtes un spéculateur de Wall Street ou un paysan de la corne de l’Afrique. Et il est à craindre que la mobilisation des fonds en faveur du système bancaire et financier, responsable de la crise boursière et de l’accroissement de la famine, ne s’effectue au détriment de l’aide au développement.

Celle-ci est d’ailleurs en chute libre. Au sommet de Rome, en juin dernier, en plein cœur de la crise alimentaire, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) n’avait recueilli que 6,5 milliards de dollars de promesses de dons, pas toutes tenues depuis, un montant dérisoire au regard des 15 à 20 milliards jugés nécessaires par l’ONU. Selon le programme alimentaire mondial (PAM), l’aide internationale est tombée en 2008 à son plus bas niveau depuis quarante ans.

Il faudra bien finir par nous expliquer comment nous pouvons trouver en France 380 milliards €, en Europe 1 700 milliards € pour les banques et pourquoi il se révèle impossible de dégager 30 milliards à l’échelle de la planète pour que des hommes, femmes et enfants puissent tout simplement manger.

Et le plus incroyable est que l’argent est disponible pour ceux-là mêmes qui ont fomenté la crise, laquelle conduit à accroître la faim dans les pays pauvres selon le mécanisme décrit plus haut, et qu’il n’y a pas un fifrelin pour les victimes.

Le monde peut-il survivre encore longtemps « plongé dans les eaux glacées du calcul égoïste » ?
(Marx- Manifeste du Parti Communiste- 1848)

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