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Une autre politique pour la France, un projet de développement pour le Nord-Compiégnois

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ET SI LE CAPITALISME ETAIT DEVENU UNE ENTRAVE A NOS SOCIETES ?

La crise financière s’est encore approfondie au cours de la semaine. Les Bourses ont connu des chutes vertigineuses.

Et les Etats s’efforcent d’écoper les navires qui prennent l’eau de toutes parts et ont de plus en plus des allures de Titanic : un plan de sauvetage de 700 milliards de dollars aux Etats-Unis, de 30 milliards d’€ pour les espagnols, de 3 milliards en France pour sauver Dexia, de 22 milliards pour les banques françaises en direction des PME, dont la mort est garantie sans le recours au crédit.

Et on croit rêver quand on apprend que la Grande Bretagne a quasiment nationalisé son système bancaire, avec des prises de participation qui pourraient atteindre les 65 milliards €.

Les banques centrales, de leur côté, déversent des milliards de dollars ou d’euros, baissent les taux d’intérêt pour tenter de relancer la machine du crédit.

Autant de mesures destinées à combler les 1 400 milliards de dollars de pertes subies depuis le début de la crise, selon le FMI, mais surtout à tenter d’endiguer les répercussions sur l’économie réelle.

Car la raréfaction du crédit, l’indisponibilité de l’argent vont avoir des conséquences rapides sur la consommation, sur la capacité d’investissement des entreprises et donc sur la production, puis sur l’emploi. Ainsi s’enclenche la spirale de la récession économique et sociale.

Nicolas Sarkozy, François Fillon et les gouvernements occidentaux tentent de nous faire croire que tout cela serait l’œuvre de l’irresponsabilité des spéculateurs et qu’il conviendrait de raisonner les marchés pour que tout reparte comme avant. M. Trichet les invite même à « reprendre leurs esprits ».

La même scène nous avait été jouée lorsque la Société Générale avait perdu 7 milliards € par la prétendue faute d’un trader « fou ». Mais nous sommes là à une toute autre échelle.

Heureusement, les consciences ne se satisfont pas de ces dérisoires tentatives de diversion.

En cette fin de semaine, à travers la presse, nous pouvons lire cette interrogation majeure : ne sommes-nous pas en train de vivre la fin d’une époque, celle des années Thatcher et Reagan ? La crise financière n’est-elle pas la chute du mur de Berlin du libéralisme ? peut-on même lire et entendre.

Au début des années 80, le reaganisme s’était fixé comme objectif d’en finir avec le New Deal (1933-1938) de Roosevelt qui avait sorti les Etats-Unis de la crise de 1929 grâce à l’intervention de l’Etat dans le pilotage de l’économie et de la finance.

Il s’agissait donc désormais de se débarrasser de ces régulations qui étouffaient l’innovation, sapaient la compétitivité des institutions financières. Désormais, il fallait considérer que les marchés financiers seraient capables de s’autoréguler.

Dès lors, toutes les activités humaines devaient être livrées aux marchés. Il s’en est suivi privatisations à grande échelle, destruction de pans entiers de l’industrie et les indices boursiers ont ouvert tous les journaux télévisés du monde occidental, tant ils étaient devenus les boussoles et les météorologies de nos sociétés.

Nous voyons aujourd’hui où nous mène ce qui est devenu une dictature de la finance.

Et ironie de l’histoire : n’est-il pas pathétique d’entendre les encenseurs du marché, qui devait s’autoréguler, demander aux Etats d’intervenir désormais davantage. La « nationalisation », qui était devenue un gros mot, est d’un seul coup, parée de toutes les vertus.

Les voilà donc qui réclament du socialisme pour sauver un capitalisme à la dérive ; en l’occurrence un curieux « socialisme » qui n’est pas destiné à aider les pauvres, mais les riches.

Marx s’appliquait à montrer que le capitalisme avait incontestablement joué un rôle propulsif pour sortir de la féodalité et permis un développement sans précédent des forces productives et de nos sociétés.

Sa prospérité d’aujourd’hui s’effectue hors de la production des richesses et la malsaine croissance financière sur laquelle elle « s’étend, et s’enfle et se travaille », telle la grenouille de La Fontaine, est devenue un cancer pour les sociétés humaines, une entrave à la poursuite de leur marche en avant.
Le capitalisme n’est donc plus un horizon indépassable mais appelle à une rupture urgente avec lui.

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