Une autre politique pour la France, un projet de développement pour le Nord-Compiégnois
La crise financière partie des Etats-Unis a rattrapé l’Europe. Et la France, que le gouvernement nous disait à l’abri, est désormais au cœur de la tourmente.
En deux jours, trois banques ont dû faire l’objet d’un sauvetage soit par injection financière des Etats concernés, soit par nationalisation : le belge et néerlandais, Fortis, le britannique Bradford et Bingly, l’allemand Hypo Real Estate.
Dans l’hexagone, Dexia, anciennement Crédit Local de France, lié avec le Crédit Commercial de Belgique, a vu son titre chuté, en une journée, de près de 30%.
Ceci est d’autant moins anodin qu’il s’agit de la banque des collectivités locales, qui sont les premiers investisseurs du pays. Un crédit qui se raréfierait, de ce point de vue, aurait des conséquences dramatiques sur les projets des communes, départements et régions, sur l’investissement, l’aménagement du territoire, les services rendus à la population et, évidemment, l’emploi.
L’Etat belge, l’assureur CNP, l’Etat français et la Caisse des Dépôts et Consignations ont injecté 7 milliards d’€.
Nataxis, de son côté, la banque de financement et d’investissement français, a perdu 30% de son cours dans les mêmes conditions.
Ses deux maisons mères sont les Caisses d’Epargne et les Banques Populaires, qui, la semaine dernière, avaient déjà recapitalisé le groupe pour près de 4 milliards €.
La crise, résultant de la folie financière du capitalisme, touche donc l’ensemble des réseaux bancaires et d’assurance à l’échelle de la planète, ce qui n’est pas surprenant en raison de l’interdépendance des établissements.
Le Président de la République, Nicolas Sarkozy, déclarait, à Toulon, vouloir moraliser le capitalisme et sanctionner les responsables. Fichtre !
Ce discours était pour le moins étonnant de la part d’un chef d’Etat qui découvrait soudain les vertus- d’ailleurs toutes relatives de la régulation- alors que son credo, depuis son installation à l’Elysée, consiste à déréguler à-tout-va, à livrer toutes les activités aux appétits du marché.
N. Sarkozy est face à ses contradictions et à celles du système capitaliste. Pour donner le change, il a choisi l’omniprésence médiatique. Chaque jour qui passe voit l’annonce d’un plan de relance sur les deniers des contribuables. Une fois, c’est le livret A, le bas de laine des français, que l’on distribue aux entreprises ; une autre, ce sont les ex-Codevi rebaptisés « développement durable » pour les PME qui sont mis à contribution ; une autre encore l’Etat rachète 30 000 logements non encore construits et n’ayant pas d’acheteurs.
Et ce week-end, nous aurons droit à un mini sommet européen pour un plan de sauvetage des banques, calqué sur le modèle américain, de 300 milliards €, ce que refuse l’Allemagne. Autant d’argent que financeront les citoyens pour réparer les dégâts des apprentis sorciers de la finance. Avec quelles contreparties ?
- En réalité, nous avons besoin d’une logique de rupture avec ce capitalisme livré à lui-même et à ses folies.Il faut d’urgence acquérir la maîtrise du réseau bancaire et financier et prendre des mesures immédiates pour protéger les intérêts des collectivités et les épargnants de Dexia ;
- Ouvrir un grand débat national sur la nécessité de constituer un pôle public de ce secteur, impliquant la nationalisation des établissements les plus importants. Il s’agit de permettre à notre pays de disposer d’un système bancaire, dont la priorité sera de financer la création des richesses, les emplois, le pouvoir d’achat et non de nourrir les cancers financiers dont nous mesurons les conséquences désastreuses;
- Dans le même esprit, nous avons besoin de décider l’arrêt immédiat de la privatisation de La Poste, la suspension des licenciements chez Renault et de réfléchir à la reconstitution d’une industrie nationale délivrée des appétits financiers.