Une autre politique pour la France, un projet de développement pour le Nord-Compiégnois
Edvige n’est pas le nom d’un cyclone. Il n’en a pas moins déclenché une tempête dans lequel le gouvernement est quelque peu secoué.
La ministre de l’intérieur soucieuse de coller aux délires sécuritaires qui, un temps, ont fait le fond de commerce de Sarko s’est mise en tête de ficher les français à tout va.
Ainsi le décret instituant Edvige prévoit-il de « centraliser et analyser les informations » concernant, pèle-mêle, les syndicalistes, les militants politiques et associatifs et ceux susceptibles de porter atteinte à l’ordre public.
Et ce traitement s’applique à toute personne dès l’âge de 13 ans.
Suit, à l’article 2, le détail des informations stockées :
- informations ayant trait à l’état civil et à la profession,
- adresses physiques, numéro de téléphone et adresses électroniques,
- signes physiques et objectifs, photographies et comportement,
- titres d’identité,
- immatriculation des véhicules,
- déplacements et antécédents judiciaires,
- motif de l’enregistrement des données,
- données relatives à l’environnement de la personne, notamment à celles entretenant ou ayant des relations directes et non fortuite avec elle.
Et l’on peut lire quelques lignes plus loin : « le traitement peut enregistrer des données à caractère personnel de la nature de celles mentionnées à l’article 8 de la loi du 6 janvier 1978 ». C’est ainsi que l’orientation sexuelle des citoyens concernés pourra figurer, ce dont se défend Mme Alliot-Marie. C’est pourtant écrit noir sur blanc au journal officiel.
Ainsi des millions de personnes seront-ils fichés jusque dans les détails les plus intimes de leur vie.
Que votre fils ou votre fille mineurs participe à une manifestation type anti-CPE. Et le ou la voilà susceptible d’entrer dans le fichier pour peu qu’il ou elle ait été photographié(e) par la police au cœur d’un cortège.
Le rapprochement entre syndicalistes, militants politiques et associatifs et individus pouvant porter atteinte à l’ordre public en dit long sur la société sarkozyenne.
Tout ce qui peut sembler potentiellement contestataire est assimilé à un danger pour sa bonne marche.
La surveillance s’impose donc.
Dans la société libérale, le « monde libre » comme dirait Dobeuliou, on ne veut voir qu’une tête.
Cette semaine, le pouvoir a dû opérer un premier recul. Edvige a déjà un peu perdu de sa superbe.
100 000 personnes ont signé la pétition anti-Edvige. 13 recours en annulation du décret ont été déposés au Conseil d’Etat. Même le Medef n’est pas très chaud pour que ses distingués membres soient fichés. Morin et Rama Yade renâclent.
Même baptisé Edvige, le Big Brother sarkozyen a du mal à passer.
Comme titrait, cette semaine, le Canard enchaîné : « soyons edvigilants ! »