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Une autre politique pour la France, un projet de développement pour le Nord-Compiégnois

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LA SEMAINE DES RIPOUX

« L’Etat, c’est moi ! » répliqua sèchement Louis XIV aux magistrats du Parlement de Paris, qui s’avisaient de contester ses décisions.

Sarko a donc décidé, avec toute la modestie qui le caractérise, de marcher sur les traces du Roi Soleil.

La réforme institutionnelle, sur laquelle le Congrès du Parlement aura à se prononcer, lundi prochain, à Versailles (clin d’œil de l’histoire ?) donne la mesure de cette confiscation du pouvoir.

Mais à cette tentative de coup d’Etat destinée à consacrer la suprématie du Président Roi s’ajoutent des pratiques relevant d’une république bananière. Berlusconi, à côté, a les allures d’un enfant de chœur.

Le sommet aura été atteint avec l’épilogue de la saga Tapie.

L’Etat va verser à ce dernier 395 millions d’€ au titre du « manque à gagner » lors de la vente, en 1994, d’Adidas par le Crédit Lyonnais, 45 autres millions d’€ pour « préjudice moral » (vous avez bien lu !) et 111 millions d’intérêts de retard.

Nanard pourra ainsi payer ses dettes à ses créanciers, au fisc, à l’URSAF, conservera son hôtel particulier à Saint Germain des Prés. Il lui restera 40 millions d’€.

Et qui a décidé cela ? La justice ? Pas du tout. Trois personnalités ont été invitées à donner leur avis : Pierre Mazeaud, ex-Président du Conseil Constitutionnel, Pierre Estoup, Président à la retraite de la Cour d’Appel de Versailles et Jean-Denis Bredin, avocat, ex-dirigeant du PRG, le parti de Tapie. Ils se sont constitués en tribunal arbitral pour rendre cette décision. Il est évidemment totalement incroyable qu’un contentieux traité par les tribunaux publics, jusqu’à la Cour de cassation, soit tranché par une structure sans fondement de droit, sans contrôle et sans possibilité d’appel. Et cette décision intervient avant que la justice ne se prononce à l’évidence défavorablement contre Tapie.

Nos trois « sages » en outre auront perçu 300 000 € chacun pour ce jugement ubuesque.

Et c’est bien l’Etat qui paiera à travers le CDR (Consortium de Réalisation), un organisme d’Etat, chargé de gérer le passif du Crédit Lyonnais.

Notons, au passage, que la somme que percevra Tapie équivaut à la totalité de tous les salaires annuels de 15 000 postes d’enseignants qui seront supprimés l’an prochain ou encore au montant du déficit de tous les hôpitaux publics.

Nanard va toucher 45 millions d’€ de préjudice moral, soit cent fois plus que ce qui peut être attribué à la conjointe d’un salarié de l’amiante décédé.

Mais telle est la récompense de Sarko à Tapie pour avoir appelé à voter pour lui à la présidentielle.

Ajoutons que ce « bidonnage » intervient avant le vote du Congrès sur la réforme institutionnelle. Les parlementaires radicaux de gauche font l’objet de toutes les attentions. Ils pourraient, en effet, détenir la clé du scrutin.

Ainsi Jean-François Hory, ancien président du PRG, vient d’être nommé au Conseil d’Etat. Puis Sarko a annoncé que le seuil de 20 députés pourrait être abaissé à 15 pour permettre aux radicaux de constituer un groupe à l’Assemblée nationale. Jean-Michel Baylet, président du PRG, ne se sent plus de joie et trouve la réforme de Sarko exemplaire.

Au final, tout cela serait destiné à fédérer les radicaux de Borloo, ceux de Baylet et Tapie, en y ajoutant les quelques socialistes, qui mangent déjà dans la gamelle sarkozyenne, en vue des élections européennes de 2009 pour « emmerder la gauche » et contenir une possible débâcle de la droite.
Et tout cela se passe en France ! Vous ne rêvez pas !

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