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Une autre politique pour la France, un projet de développement pour le Nord-Compiégnois

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GAZ ASPHYXIANT POUR LES USAGERS

Les assemblées générales des actionnaires de Gaz de France (GDF) et de Suez ont entériné, mercredi, la fusion des deux groupes. Celle-ci sera officialisée, le 22 juillet prochain, lorsque le gouvernement aura publié au Journal officiel l’arrêté de privatisation de GDF.

Nous sommes donc au bout du processus engagé depuis deux ans et demi sous le faux prétexte, à l’époque, de contrer une OPA hostile sur Suez et visant, en réalité, à démanteler notre service public de l’énergie- EDF et GDF- pour le livrer à la loi du marché.

La concurrence garantirait des prix bas aux usagers, nous avait-on promis.

L’ouverture du marché a déjà prouvé le contraire. Ceux qui ont choisi des fournisseurs hors tarifs règlementés paient l’énergie au prix fort.

Mais à peine le groupe GDF- Suez constitué, la première crainte qui s’exprime porte sur les prix. Ces derniers ont déjà connu une hausse de 10% depuis le début de l’année. Et l’ex-président directeur général de GDF demandait une nouvelle augmentation de 9,5% au 1er juillet. Celle-ci heureusement n’est pas intervenue mais une hausse substantielle est à présent annoncée.

La vérité est que nous entrons dans une autre logique. Avec la privatisation de GDF dans sa fusion avec Suez, nous sortons d’une démarche de service public pour lui substituer une exigence de rentabilité. Il est d’ailleurs, de ce point de vue, tout à fait significatif que le premier acte de la fusion- privatisation ait consisté à offrir aux actionnaires, en plus des dividendes ordinaires, un cadeau de 0,80€ par action.

L’ex-président directeur général de GDF s’est voulu, à ce sujet, rassurant en précisant que les tarifs règlementés du gaz demeureraient fixés par l’Etat.

La situation est néanmoins tout à fait nouvelle car à l’indexation du prix du gaz sur l’évolution de celui du pétrole s’ajoutera désormais la rémunération des actionnaires. Et l’Etat, lui-même, bien que n’étant plus présent dans le capital qu’à hauteur de 35,7% est très indirectement intéressé à l’accroissement des dividendes. Il devrait d’ailleurs percevoir plus de 600 millions avant la fin de cette année.

En outre, l’Etat désormais minoritaire n’est plus en situation de décider et encore moins d’imposer.

Bien d’autres questions vont se poser avec la constitution de ce nouveau groupe privé de l’énergie, qui aura à fournir plus de 22 millions de clients en gaz et 11 millions en électricité, notamment en matière de garantie et de sécurité des approvisionnements, de maîtrise du nucléaire civil dans sa concurrence avec EDF.
Livrer ce secteur à la voracité commerciale revient à ouvrir la boîte de Pandore, car la course à la rentabilité mettra en cause le droit égal d’accès de tous nos concitoyens à l’énergie, que le service public avait pour objectif de garantir et que la flambée des prix détruira en creusant les inégalités.

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