Une autre politique pour la France, un projet de développement pour le Nord-Compiégnois
Les députés européens ont assisté, jeudi, à un savoureux spectacle : le duo de deux histrions, Sarkozy et Cohn-Bendit.
Le premier était à venu à Strasbourg présenter les priorités de la Présidence française de l’Union. Le second l’a vigoureusement pris à partie sur sa participation annoncée à l’ouverture des jeux olympiques de Pékin.
« Vous allez manger avec des baguettes avec le président chinois, Hu Jintao. Je vous souhaite un bon appétit… C’est une honte ! C’est minable… » s’est écrié l’ancien soixante-huitard passé depuis du col Mao au Rotary Club.
Le pourfendeur de 68 lui a répliqué : « On ne peut pas boycotter un quart de l’humanité… ce n’est pas par l’humiliation de la Chine que l’on fera progresser la question des droits de l’homme. »
Cet échange à fronts renversés était surréaliste.
D’un côté, le maoïste repenti vilipendant le pouvoir chinois, de l’autre, le réactionnaire patenté justifiant son choix de dialogue avec la Chine.
Mais ces deux comédiens de la scène politique sont-ils si opposés que cela ?
Je me souviens de cette déclaration de Cohn-Bendit lors du référendum sur le projet de Constitution européenne en 2005. Il en était un farouche partisan.
Il en résumait ainsi l’enjeu pour la France : « il s’agit d’en finir avec le gaullo-communisme », disait-il. Il a d’ailleurs plusieurs fois repris cette expression… Et d’autres avec lui.
De quoi s’agit-il ? De ce qui a fondé l’originalité française, selon un système de partage des richesses entre le capital et le travail.
Ainsi ont vu le jour, à la Libération sous l’impulsion d’un gouvernement composé de gaullistes, de communistes et de progressistes, sur la base du programme du Conseil national de la Résistance, la sécurité sociale, la nationalisation de secteurs économiques jugés essentiels à la vie de la nation (électricité, gaz, charbon…), le statut de la fonction publique etc.
C’est tout cela que Sarkozy est aujourd’hui en train de détruire afin de livrer toute la société, toutes les activités humaines à la logique du marché.
Sus donc au gaullo- communisme ! Sarkozy-Cohn Bendit, même combat !
Le numéro de jeudi pouvait donc donner le change de cette complicité politique. Elle n’en est pas moins claire. Et comme tout finit par se savoir.