Une autre politique pour la France, un projet de développement pour le Nord-Compiégnois
La Commission des finances de l’Assemblée nationale avait décidé, le 13 novembre 2007, de créer une mission d’information à propos des niches fiscales.
Elle a rendu, jeudi dernier, ses conclusions, qui sont édifiantes.
Un point de vocabulaire tout d’abord : les niches fiscales désignent les réductions, crédits d’impôt et autres allègements dont certains peuvent bénéficier afin de diminuer leurs contributions.
Les députés composant la mission relèvent que nous comptons 486 dispositifs de ce genre contre 418 en 2003.
Leur coût- c’est-à-dire le manque à gagner pour l’Etat- s’élevait à 50 milliards €, voici 5 ans.
Il atteint désormais les 73 milliards €.
Entre 2007 et 2008, leur progression est évaluée à 7,1%, soit quatre fois plus que l’augmentation des dépenses budgétaires.
Qui en profite ? Jugez-vous-mêmes !
Pour les 100 000 plus gros contribuables, quatre dispositifs représentent, à eux seuls, plus de 80% du montant des niches : la réduction d’impôt pour investissement productif en outre mer, celle pour le logement toujours en outre mer, celle pour l’emploi d’un salarié à domicile et les crédits d’impôt au titre des conventions internationales.
Ainsi, 116 des 1 000 contribuables les plus riches ont pu réduire leur imposition de 93%. Chacun a obtenu une réduction d’impôt de plus d’un million €.
Mieux, 13 000 foyers aisés vont recevoir de l’Etat un chèque moyen de 16 600 €, grâce au bouclier fiscal.
Dans le même temps, les français qui se lèvent tôt voient leur pouvoir d’achat fondre au jour le jour sous le coup des prélèvements qui augmentent, de la vie chère, de la flambée des carburants.
Pour tous ceux-là, les « caisses sont vides ».
Voici donc une nouvelle preuve de la nature du pouvoir sarkozyste. Il est bien le gouvernement des riches, de la revanche des châteaux sur le monde du travail.
Jusqu’où et jusqu’à quand ? L’exaspération monte dans le pays. Ce qui manque, c’est la conviction majoritairement partagée que le peuple français rassemblé peut conjurer le sort qu’on lui réserve, reprendre la main, imposer au capital des reculs et conquérir de nouvelles avancées.