Une autre politique pour la France, un projet de développement pour le Nord-Compiégnois
Jacques Attali, ancien conseiller spécial de François Mitterrand, a remis son rapport, cette semaine, à Nicolas Sarkozy pour la libération de la croissance.
Plus libéral que lui, tu meurs ! Même Sarko, dans ses rêves les plus fous, n’avait pas envisagé de pareilles dispositions.
Elles sont au nombre de 316. Parmi elles, repousser l’âge limite du travail au-delà de 65 ans, déroger à la durée légale du travail, créer une TVA sociale, instaurer la liberté des prix, ouvrir à la concurrence les professions réglementées (comme si les pharmaciens, les coiffeurs et les taxis menaçaient la croissance !)
Bref, deux thèmes sont au cœur de ces suggestions : baisser le coût du travail et laisser toute latitude au patronat.
Voilà qui sonne singulièrement sur ce fond actuel de crise financière et boursière. Voilà des années que les gouvernements s’en prennent au coût du travail chargé de tous les maux. Il en résulte une baisse du pouvoir d’achat des ménages et l’argent dégagé ainsi pour les investisseurs ne va pas à l’investissement mais à la finance et à la spéculation. Autant de perdu pour la croissance ! Et plus encore car la consommation des ménages en France demeure le ressort essentiel de cette croissance. L’affaiblir, c’est donc tuer la croissance.
La reine Athalie, dans la pièce de Racine, a tué ses enfants pour s’arroger le pouvoir.
Jacques Attali a immolé ses engagements passés au prix de son existence politique dans le paysage sarkozysé.
L’héroïne de Racine mourra sous les coups du seul de ses fils survivant, selon un songe prémonitoire qui l’avait saisie.
Le sherpa de Mitterrand périra politiquement de ses reniements, en même temps que ses nouveaux amis quand les illusions semées par ces derniers se seront dissipées.
« Ce songe et ce rapport, tout me semble effroyable » (Athalie-acte II- scène V)