Une autre politique pour la France, un projet de développement pour le Nord-Compiégnois
La perspective de la disparition de la publicité sur les chaines publiques de télévision fait couler beaucoup d’encre.
A cette annonce par Sarkozy, nous nous sommes pris à rêver. Se peut-il qu’il en soit bientôt fini des séries américaines débiles, des jeux pour lobotomisés, de la téléréalité et de ses décérébrés, des feuilletons à prétention comique sur fond de rires en voix off pour vous indiquez à quel moment il faut vous bidonner, des présentateurs rivalisant de vulgarité et de plaisanteries bien grasses ?
Enfin le service public renouerait avec la création, l’humour, le sens critique, l’impertinence. L’audimat et les parts de marché ne seraient plus les boussoles. France 2 et France 3 ne singeraient plus TF1 pour attirer les annonceurs. Nous rangerions au placard la règle d’or de Patrick le Lay définissant ainsi la mission de la « téloche » : « Nos émissions ont pour vocation de rendre le cerveau disponible, c’est-à-dire de le détendre pour le préparer entre deux messages publicitaires. »
Je crains pourtant que nous nous soyons pris à rêver un peu rapidement.
L’annonce sarkozyenne intervient au moment où TF1 est dans le rouge. La chaîne de Bouygues, le pote de Sarko, subit la concurrence de la TNT, qui lui pique l’audience et une partie du magot publicitaire. Conséquence : l’audimat mensuel est tombé en dessous de 30%. Le titre en bourse est à son plus bas niveau depuis 1999. il faut donc sauver le soldat TF1. Il est dévoué au sarkozysme et au décervelage destiné à en assurer la survie.
En 2007, les dépenses publicitaires ont représenté 33 milliards d’€ environ, soit dix fois le budget du ministère de la culture.
L’abandon de la pub sur les chaînes publiques permettra un transfert de 100 millions d’€ vers TF1, qui, par ailleurs, se verra autorisé à davantage de coupures publicitaires durant les émissions et les films. Pour la télé du loft et de la Star’Ac, c’est que du bonheur ! Il en va de même pour M6 et les chaînes de la TNT, parmi lesquelles nous retrouvons le camarade Bolloré ainsi récompensé pour le prêt de son yacht et de son jet.
Que devient le service public dans ses petits arrangements entre amis ? Il faudra lui trouver 1,2 milliards € pour compenser la disparition de la pub. Il semble donc que nous nous dirigions vers l’instauration de taxes sur l’internet, la téléphonie mobile et tous les supports de l’image. Ces moyens permettront-ils aux chaînes publiques, ainsi débarrassées de la logique marchande, d’être à la hauteur de ce que nous pourrions en attendre ? Rien n’est moins sûr, car, en réalité, Sarko s’en moque comme d’une guigne. Et nous pouvons parier que lui-même n’est pas prêt de disparaître des écrans du JT, tous les soirs, de même que les journalistes qui l’y a placé à sa seule dévotion. Bonjour tristesse ! La bêtise et la grisaille ont encore de beaux jours sur le petit écran !