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Une autre politique pour la France, un projet de développement pour le Nord-Compiégnois

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QUAND LE MEDEF DECRYPTE LA RUPTURE SARKOZYENNE

A peine Nicolas Sarkozy avait-il fini son show télévisé, jeudi dernier, que le MEDEF saluait la prestation. Bien évidemment, la rupture sarkozyenne réjouit l’organisation patronale.
Il en est un qui s’est chargé récemment d’expliquer pourquoi. C’est Denis Kessler, ancien numéro 2 du MEDEF.
Dans un article daté du 6 octobre, il déclare, sous le titre : « Adieu 1945, raccrochons notre pays au monde ! », « le modèle social français est le pur produit du Conseil National de la Résistance (CNR). Un compromis entre gaullistes et communistes. Il est grand temps de le réformer et le gouvernement s’y emploie. »
Il poursuit :
« Les annonces successives des différentes réformes par le gouvernement peuvent donner une impression de patchwork, tant elles paraissent variées, d’importance inégale et de portées diverses : statut de la fonction publique, régimes spéciaux de retraite, refonte de la Sécurité sociale, paritarisme…
A y regarder de plus près, on constate qu’il y a une profonde unité à ce programme ambitieux. La liste des réformes ? C’est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945 et de défaire méthodiquement le programme du Conseil National de la Résistance ! […] Cette « architecture » singulière a tenu tant bien que mal pendant plus d’un demi-siècle. Elle a même été renforcée en 1981, à contresens de l’histoire, par le programme commun. Pourtant, elle est à l’évidence complètement dépassée, inefficace, datée. […] Il aura fallu attendre la chute du mur de Berlin, la quasi-disparition du parti communiste, la relégation de la CGT dans quelques places fortes, l’essoufflement asthmatique du parti socialiste comme conditions nécessaires pour que l’on puisse envisager l’aggiornamento qui s’annonce. Mais cela ne suffisait pas. Il fallait aussi que le débat interne au sein du monde gaulliste soit tranché et que ceux qui croyaient pouvoir continuer à rafistoler sans cesse un modèle usé, devenu inadapté, laissent place à une nouvelle génération d’entrepreneurs politiques et sociaux. Désavouer les pères fondateurs n’est pas un problème qu’en psychanalyse. »
 
M. Kessler croit donc que l’heure de la revanche a sonné et il salue en Sarkozy l’artisan de cette revanche. Décidemment, la lutte des classes n’est pas morte.
M. Kessler n’oublie qu’une chose. Ces avancées sociales qu’il décrie n’ont pas été des contraintes économiques. Elles ont enclenché une formidable dynamique de croissance et de prospérité dans une France ruinée par la guerre et l’occupation. Elles reposaient sur un légitime partage des richesses entre le capital et le travail. Chaque français avait le sentiment d’être utile : il l’était et la société rendait ce qu’elle devait à chacun.
La modernité pour M. Kessler, c’est tout pour le capital et les actionnaires, pour les travailleurs, c’est ce qui restera quand les premiers se seront servis. Et comme ceux-ci en veulent sans cesse davantage, ce sera toujours moins pour les seconds.
Ainsi casse-t-on la dynamique ! Des millions de français se sentent surnuméraires ; d’autres mesurent, chaque jour davantage, qu’ils ne sont pas payés de leurs efforts, quand quelques-uns, une petite minorité, se vautrent dans l’opulence. Ainsi la société se délite-elle car beaucoup, abandonnés, ont le sentiment d’en être au ban.
Pour M. Kessler, en finir avec 1945 et son pacte social, c’est en finir avec l’histoire. En réalité, c’est en finir avec l’avenir, car une poignée de privilégiés qui s’enrichit sur le dos du plus grand nombre débouche sur le déclin. Heureusement l’histoire continue et ce sont les peuples qui la font.
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