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Une autre politique pour la France, un projet de développement pour le Nord-Compiégnois

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SARKOZY, L’ILLUSION PERDUE

Les cheminots et les agents de la RATP ont décidé, cette semaine, de suspendre la grève, alors que les négociations se sont ouvertes. Faut-il en conclure que tout va désormais rentrer dans l’ordre et que Sarko a gagné son pari ? Rien n’est moins sûr.
Au-delà de ces conflits eux-mêmes, la société française vit sur des charbons ardents desquels, à tout moment, les incendies peuvent surgir.
La mobilisation autour des régimes spéciaux de retraite ne relève pas de l’action catégorielle. D’ailleurs, elle n’est pas isolée. Ainsi avons-nous connu, mardi dernier, une impressionnante levée de boucliers de la fonction publique. Se poursuit également la lutte des étudiants qui tend à s’élargir aux lycéens.
Et puis figure désormais au premier plan des problèmes de nos concitoyens, le pouvoir d’achat.
Un fil rouge relie toutes les préoccupations qui s’expriment : notre société est de plus en plus inégalitaire et, pour le plus grand nombre, l’avenir n’est pas perçu comme un espoir mais comme une crainte et une angoisse.
Il était séduisant le slogan de Sarko : « Tout devient possible ». Enfin se dressait un homme politique pour prétendre qu’il n’existait pas de fatalité et qu’on pouvait agir.
Sauf que six mois après, non seulement rien n’a changé, mais tout s’aggrave. Une majorité de français (71%) considère que l’action du pouvoir est inefficace. Pire, il accroit les causes du mal.
Depuis combien de temps dit-on aux citoyens qu’il leur faut faire des sacrifices ? Où sont les contre-parties ?
Depuis dix ans, la répartition des richesses s’effectue de plus en plus au détriment des salariés. Les inégalités ne cessent de se creuser. 10% des français vivent avec moins de 780€ par mois. 7,1 millions sont en dessous du seuil de pauvreté. 50% des salariés perçoivent moins de 1 500€ par mois. Et il faut faire face à la flambée des prix du carburant, des produits alimentaires, des loyers…
Que fait Sarko, lui qui voulait être le Président du pouvoir d’achat ?
Les premières mesures ont consisté à favoriser les plus riches : 2 milliards pour les 500 000 contribuables de l’ISF, un bouclier fiscal de 800 millions pour 235 000 privilégiés de la fortune auxquels l’Etat et les collectivités locales vont même rembourser des impôts, 2,2 milliards pour 130 000 personnes au titre des droits de succession.
Puis il y a le fameux « travailler plus pour gagner plus », soit 6 milliards de nouveaux cadeaux, dont les entreprises vont bénéficier pour l’essentiel, avec ce bonheur pour elles de pouvoir faire « marner », selon le carnet de commande, leurs salariés plutôt que d’embaucher. Génial pour l’emploi !
Et maintenant ? Après s’être tu pendant huit jours (quel soulagement !), Sarko devrait annoncer des mesures en faveur du pouvoir d’achat. Tous les commentateurs s’accordent à dire que sa marge de manœuvre est quasi nulle et que cela risque de se traduire par de nouveaux cadeaux aux entreprises : baisse des marges de la grande distribution, treizième mois sans charges (merci pour la sécu !), stocks options aux salariés…
En réalité, sur ce front-là, rien ne peut avoir d’effet si on ne s’attaque pas au fondement de l’inégalité, c’est-à-dire au partage des richesses et à un rééquilibrage de celui-ci en faveur du monde du travail. Cela veut bien sûr dire un peu moins pour le capital et les actionnaires.
Six mois après, la mécanique Sarko a atteint ses limites : on ne peut pas prêter qu’aux riches et faire payer les intérêts au peuple, car ce dernier se rend vite compte de la manœuvre et du marché de dupes.
Même en jouant sur la division des français et en faisant croire que les cheminots sont des privilégiés de notre société, le compte n’y est pas.
Les français ne vivront pas, pendant cinq ans, d’illusions.

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