Une autre politique pour la France, un projet de développement pour le Nord-Compiégnois
Lorsqu’un courtisan fit remarquer à Marie-Antoinette que le peuple n’avait pas de pain, celle-ci répliqua : « Qu’il mange de la brioche ! »
Sarko manie lui aussi avec brio le mépris arrogant des puissants.
La France affiche, selon lui, une injustice inqualifiable à laquelle il convient de mettre un terme : le Président de la République ne touche que 6 000 € de salaire par mois tandis que son premier ministre perçoit deux fois plus. Et, l’insupportable est atteint quand nous savons que ce dernier ne sert à rien depuis que le premier fait tout.
Sa majesté Sarko s’est donc accordé une augmentation de salaire en multipliant le sien par trois.
Et comme il ne saurait se contenter de demi- mesures, rupture oblige, il s’est aussi voté une hausse du budget de l’Elysée, qui passera de 32 millions d’€ à 100 millions d’€. Certes, si nous regroupons les diverses sources financières, qui abondaient jusqu’à présent le palais royal, pardon, présidentiel, nous arrivons à 90 millions. Sarko s’est donc octroyé une rallonge de 10 millions d’€, histoire d’arrondir les comptes et d’en faciliter la comptabilité sans doute.
Une question me taraude l’esprit : que fait donc Sarko de son salaire ? Il est, en effet, logé, nourri, blanchi, transporté, gardé. Les palais de la République lui sont ouverts pour sa détente : Versailles, Brégançon… Le tout au frais de la princesse, pardon, du peuple… Et de quelques amis qui lui prêtent villas aux Etats-Unis ou ailleurs, bateaux de croisière et autres frivolités.
Car Sarko ne tient pas en place. Il faut qu’il bouge. Cela donne aux français le sentiment qu’il est actif. Aussi le Conseil des ministres sera-t-il désormais régulièrement décentralisé. Cette semaine, il se réunissait à Ajaccio transformé, pour l’occasion, en Fort Alamo. On comptait sur l’île 1 CRS pour 300 corses. Et, du jamais vu depuis 1958, toute manifestation était interdite. Mais Sarko a pu discourir sous le portrait de Napoléon et rappeler à ses ministres que, pour décentralisé qu’il fût, le Conseil devait respecter le protocole. Les mal appris avaient, en effet, oublié de se lever à l’entrée du Président dans la salle de la Préfecture. On avait laissé à Paris l’aboyeur, ce fonctionnaire qui clame en forme de garde-à-vous : « Monsieur le Président ».
Et combien cette escapade a-t-elle coûté à la République ?
Auparavant, Sarko s’était rendu chez les cheminots de Saint-Denis pour leur expliquer qu’ils étaient de détestables privilégiés. L’heure n’était pas alors aux courbettes et l’accueil fut plutôt frais.
Devant l’incompréhension et la colère de ces nouveaux mangeurs de brioches, Sarko leur a lancé : « Je ne peux pas croire que vous êtes à ce point inconscients ! » Et de leur expliquer que ce n’est pas la rue qui gouverne (déjà entendu quelque part).
Le 14 juillet 1789, Louis XVI écrivait dans son journal : « rien à signaler ».
La semaine écoulée avait des airs d’ancien régime. Et le mois de novembre- à partir du 14 (l’histoire a de ces clins d’œil !)- pourrait voir trembler la bastille élyséenne. Ah ça ira, ça ira !...