Jusqu’en 2003, la France disposait d’un fleuron industriel dans la fabrication de l’aluminium avec Pechiney. Le groupe français a fait l’objet d’une OPA d’abord hostile, puis consentie, de la part du géant canadien, Alcan, troisième producteur mondial. Ainsi Pechiney a-t-il disparu du paysage français.
Alcan a, pour sa part, procédé à des fermetures de sites, à des abandons de productions, à la vente de plusieurs établissements avec, à la clé, de nombreuses suppressions d’emplois. L’usine Affimet à Compiègne a été au cœur de cette tourmente dévastatrice.
Ce dépeçage s’est effectué avec la bénédiction de l’Etat français.
Aujourd’hui, Alcan est lui-même l’objet d’offensives de la part d’autres géants internationaux de l’industrie des métaux.
Ainsi, durant l’été, il a dû affronter, à son tour, une OPA hostile de l’américain Alcoa contrée par le groupe minier anglo-australien Rio Tinto avec une offre cash de 38 milliards de dollars.
Cette situation conduit à de nouvelles restructurations d’Alcan en France et à de vives inquiétudes pour les 15 000 salariés français du groupe.
Le marché de l’aluminium est l’objet de considérables convoitises et nous assistons à une formidable montée des enchères.
La demande mondiale devrait s’accroitre de 6% par an d’ici à 2011, de plus de 15 % pour la Chine à elle seule sur la même période. Ce pays absorbe pour son compte 20 à 30% de l’aluminium disponible.
Parmi les facteurs de croissance de la demande figurent son emploi dans la construction et les infrastructures en plein essor en raison de l’accélération de l’urbanisation des pays émergents, mais aussi son utilisation croissante dans l’industrie des transports et dans l’emballage. Et la France serait absente de ces défis-là ?
Ce secteur constitue un enjeu majeur notamment pour nos industries nationales de l’automobile et de l’aéronautique.
Pouvons-nous accepter, après la disparition de Péchiney, de voir se poursuivre le démantèlement des sites de productions présents sur notre territoire ? Accepterons-nous de nous trouver en situation de dépendance à l’égard de géants étrangers ?
Ces interrogations sont d’autant plus préoccupantes que ce secteur n’est pas le seul à être livré au grand Monopoly financier mondial.
Avec Sarkozy, tout est possible, nous a-t-on dit. Hélas oui, même la disparation de l’industrie française.
Car l’Etat met directement la main à la pâte. Que l’on songe à la privatisation de GDF et au projet révélé, cette semaine, par les Echos, de faire subir le même sort à Areva, c’est-à-dire à notre filière nucléaire, avec tous les risques que cela comporte pour notre approvisionnement énergétique, pour les tarifs de l’électricité et pour la maîtrise et la sureté nucléaires.
Laisserons-nous se poursuivre ce pillage de l’industrie française ?