Une autre politique pour la France, un projet de développement pour le Nord-Compiégnois
La majorité sénatoriale UMP-UDF a adopté, jeudi, le projet de loi sur le dialogue social et la continuité du service public dans les transports terrestres. L’Assemblée nationale prendra le relai le 30 juillet avant la clôture de la session extraordinaire le 3 août.
Le texte comporte l’obligation pour les salariés, sous peine de sanctions, de déclarer 48 heures à l’avance leur décision de faire grève. La consultation des personnels au-delà de huit jours interviendra selon le choix de l’employeur.
L’intention gouvernementale est évidemment parée des plus nobles vertus. Il s’agit de défendre l’usager, en lui garantissant, en outre, un service minimum. Le procédé politique n’est pas neuf : lorsqu’on veut porter un coup aux droits d’une catégorie de salariés, il convient d’isoler ces derniers, de les diaboliser, de les livrer à la vindicte des autres catégories. Dans ce contexte-là, avoir un emploi fixe devient un privilège, alors que c’est un droit inscrit dans nos textes constitutionnels. Et ainsi l’insécurité sociale devient la norme. Se trouvent en conflit le salarié, le précaire et le chômeur. Divisés, ils sont tous plus faibles et on peut donc porter atteinte à leurs droits sans qu’ils ne bronchent.
Si nous considérons la résistance du mouvement social aux mesures régressives, qui lui ont été imposées au cours de ces dernières années, il faut bien constater que la conflictualité a régressé. C’est particulièrement vrai dans le secteur privé où l’insécurité de l’emploi avec l’essor de la précarité, des plans sociaux et des délocalisations, est une menace permanente et dissuade la mobilisation revendicative. Le taux de syndicalisation y est plus faible.
En revanche, le secteur public conserve une capacité de riposte sociale forte. Les salariés y demeurent organisés et le rôle que joue notamment le transport ferroviaire dans la vie économique constitue une force de frappe. Les cheminots ont eu raison dans l’histoire de bien des gouvernements. Chacun conserve en mémoire le puissant mouvement de 1995, qui coûta son poste à Alain Juppé, qui ne s’en est d’ailleurs jamais vraiment remis.
L’enjeu réel du texte gouvernemental est là : désarmer durablement et- du moins Sarkozy et Fillon l’espèrent-ils- définitivement le monde du travail afin de briser ce que les gouvernements et le patronat ont dû lui concéder en termes d’acquis sociaux.
Le secteur public pour ce pouvoir est une cible privilégiée car démolir ce que ces salariés ont obtenu de haute lutte, c’est se donner les moyens de tirer vers le bas toute la législation sociale.
Or, tel est l’esprit de la « rupture » de Sarkozy.
Il est d’ailleurs significatif que la droite sénatoriale ait retrouvé les voies de l’union pour voter ce texte comme un seul homme. Quand les intérêts du capital sont en jeu et que l’occasion se présente de prendre une revanche sur le monde du travail, la droite ne se trompe pas.