Une autre politique pour la France, un projet de développement pour le Nord-Compiégnois
Il a beaucoup été question, cette semaine, du projet de TVA sociale que le gouvernement veut instaurer en 2009. De quoi s’agit-il ? D’augmenter la TVA de 5%, ce qui la porterait à 24,6%, soit le taux le plus élevé dans l’Union européenne avec la Suède et le Danemark. Ainsi serait donc financée la protection sociale. Les entreprises verraient leur cotisation diminuer. Le coût du travail baisserait donc et les marges ainsi dégagées permettraient de ne pas augmenter les prix à la consommation. Il faudrait être bien naïf pour le croire. Le patronat bénéficie déjà de 25 milliards d’exonération de cotisations sociales. Quel effet cela a-t-il eu sur les prix et sur l’emploi ? Insignifiant pour ne pas dire nul. Et sur les délocalisations ? M. Fillon s’est plu à baptiser la TVA sociale « TVA anti délocalisations ». Ainsi la baisse du coût du travail encouragerait les entreprises à demeurer en France. Qui peut le croire, quand la France se situe au 13ème rang de l’Union européenne pour ce qui concerne le coût du travail, derrière le Royaume-Uni et l’Allemagne. Et pourtant les délocalisations et plans sociaux pleuvent. Une TVA à 24,6% serait non seulement injuste car cet impôt frappe sans distinction les pauvres comme les riches, mais elle entrainerait une flambée des prix à la consommation. Or cette dernière, dans notre pays, est le vecteur essentiel d’une croissance pourtant timide. Celle-ci serait promise à l’effondrement avec toutes les conséquences sur l’emploi et l’activité économique. Mais le projet est en cohérence avec d’autres. Il s’agit d’en finir avec un système de redistribution sociale imposé au patronat après la Libération et qui a ainsi vu la création de la Sécurité Sociale, de notre système de retraite etc. Les employeurs, comme les salariés, cotiseraient à partir des richesses créées. La droite veut « libérer » le patronat de ces obligations sociales et faire en sorte que seuls les travailleurs se paient leur protection sociale. Le capital pourraient donc ainsi s’enrichir sans entrave, ni contrepartie. Nous sommes dans la même logique avec l’instauration de la franchise sur les remboursements, les heures supplémentaires imposées par le patronat… Dimanche, vous avez une arme pour dire non, d’autant que 60% des français s’affirment en désaccord (sondage CSA- Le Parisien) avec ce projet de TVA antisocial. Cette semaine, il semblerait qu’avec cette mesure annoncée, la lumière ait commencé d’éclaircir le projet de société dont rêve Sarkozy.