Une autre politique pour la France, un projet de développement pour le Nord-Compiégnois
Sarkozy aura achevé sa campagne du second tour sur l’affirmation répétée de son ambition : « liquider l’héritage de 1968 ».
Cet objectif est tout à fait emblématique du projet du candidat de l’UMP. 1968 ne saurait se réduire à quelques slogans caricaturaux du style « il est interdit d’interdire » à partir duquel Sarkozy en déduit qu’en auraient résulté la disparition de l’autorité, la confusion du bien et le mal, l’indifférence entre le beau et le laid, le vrai et le faux…
Non, 1968, ce n’est pas cela. C’est d’abord 10 millions de travailleurs occupant les usines pour dire leur ras-le-bol du « travaille et tais-toi », des bas salaires, de la répression patronale.
A l’arrivée, ce sont les accords de Grenelle avec une augmentation du SMIC de 30%, qui n’étranglera pas l’économie, ni les entreprises. Au contraire, il s’en suivra une relance économique avec une croissance parmi les plus importantes de la période des « Trente Glorieuses ».
Je comprends que le candidat du MEDEF veuille liquider un tel héritage, lui qui souhaite autoriser des heures supplémentaires payées à 25% et exonérées de cotisations sociales, en finir avec les CDI, démonter le code du travail.
1968, c’est encore la reconnaissance des organisations syndicales dans l’entreprise. C’est aussi une avancée pour les droits des femmes vers l’égalité, l’épanouissement personnel.
C’est la libération de la parole, une formidable révolte de la jeunesse vers une société libérée de la ringardise de certaines mentalités, de l’injustice, des interdits et des tabous de toutes sortes. Il s’agissait d’une puissante volonté d’émancipation sociale, politique et culturelle, digne des grands mouvements historiques du Front Populaire et de
Nous voyons aujourd’hui qui l’incarne, en voulant dresser les populations les unes contre les autres, en stigmatisant les jeunes, en jouant sur la provocation, tout cela pour conquérir le pouvoir et mettre à bas cette France du progrès et de la solidarité, cette France qu’on aime.
Avec Sarkozy, les « réacs » sont de retour. Et ils n’ont même pas le prestige de leurs aînés. Sarkozy n’est pas De Gaulle et Doc Gynéco n’est pas Malraux.