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Une autre politique pour la France, un projet de développement pour le Nord-Compiégnois

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AIRBUS : QUAND L’EMPLOI S’ENVOLE

Voilà plusieurs semaines que l’opinion publique est préparée à l’annonce d’une saignée dans les effectifs salariés d’Airbus. La nouvelle est tombée : 10 000 suppressions d’emplois et cinq sites cédés.

Mais comment en sommes-nous arrivés là ?

Le groupe aéronautique est l’un des fleurons de l’industrie à l’échelle européenne et internationale. Il s’est construit sur les bases d’une saine coopération entre la France , la Grande Bretagne et l’Allemagne. Il dispose d’une extraordinaire avance technologique, portée par un développement qui avait échappé, jusqu’à présent, aux logiques libérales de l’Union européenne et de la Commission de Bruxelles. Il est aussi parvenu à devancer son concurrent américain Boeing. Son carnet de commandes est plein avec 2 357 appareils à construire dans les cinq ans et la perspective de dominer le marché mondial et ses 1 100 avions à réaliser par an à l’échelle de la planète au cours des deux prochaines décennies.

Selon le PDG, Louis Gallois, il s’agit de faire face aux défis engendrés par la faiblesse du dollar, par le surcoût financier lié aux retards de l’A380 et aux investissements à venir pour l’A350.

Telles seraient donc les raisons du plan Power 8 avec ses 5 000 suppressions de postes chez Airbus, 5 000 chez les sous-traitants et le sacrifice de plusieurs sites dont ceux de Méaulte en Picardie et de Saint Nazaire.

Comment ce qui fonctionne si bien aujourd’hui et depuis si longtemps serait-il soudain frappé d’un mal, qui nécessiterait de telles amputations ? Comment honorera-t-on le carnet de commandes plein et comblera-t-on les retards de l’A380 en taillant dans les effectifs ?

Louis Gallois a levé le voile dans le Figaro magazine : « Power 8 est un plan de transformation profond d’Airbus qui va modifier le modèle industriel, culturel et économique ». Nous y voilà !

Airbus est promis à cette cure libérale de la mondialisation à laquelle il avait échappé et sans laquelle il avait heureusement prospéré. Airbus passera au régime Boeing.

De 1998 à 2005, les effectifs du groupe américain sont passés de 100 000 à 50 000 salariés. Des sites ont été vendus et la majorité des programmes est réalisé à présent par des sous-traitants. Les bénéficiaires en sont les actionnaires mais l’efficacité de Boeing a été la perdante permettant à Airbus de lui voler la première place.

Le groupe européen est promis à la même purge avec la bénédiction et sous l’impulsion du gouvernement français, principal actionnaire d’EADS, maison mère d’Airbus. Un véritable gâchis qui risque de coûter cher à ce fleuron industriel !

Le gouvernement français a les moyens d’intervenir. Mais il ne le fera pas, à l’image de Sarkozy qui, lui, rêve qu’Airbus soit aux mains d’actionnaires privés qui iront plus loin encore dans la logique Boeing.

Bel éclairage des enjeux de l’élection présidentielle !

 

 

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