Une autre politique pour la France, un projet de développement pour le Nord-Compiégnois
Le Sénat a débuté l’examen du projet de loi de Nicolas Sarkozy sur la prévention de la délinquance. Il s’agit du 6ème texte sécuritaire depuis 2002, après la loi sur la sécurité intérieure, les lois Perben I et II, la loi sur la récidive et celle sur le terrorisme. Voilà une situation pour le moins paradoxale. Le Ministre d’Etat vante son bilan en matière de sécurité. Dès lors, pourquoi faudrait-il un énième texte, si ce n’est l’aveu d’une réelle impuissance de l’action conduite ?
Dans ce dispositif, les maires sont transformés en "shérifs".Ainsi, toute personne faisant appel aux services sociaux lui sera signalée. Les enfants d’âge scolaire seront répertoriés dans un fichier municipal, de même que les personnes hospitalisées d’office en psychiatrie. Dans le texte, on trouve également l’instauration d’une peine d’initiation au travail dès l’âge de 13 ans, une procédure de comparution immédiate pour les 16-18 ans, le placement des mineurs en détention provisoire.
En résumé, sous couvert d’insécurité, se trouve développée une politique axée essentiellement sur l’ordre public, avec la mise en place d’un projet de société où l’individu doit être mieux cadré et contrôlé car il est source de tous les dangers. Il ne s’attaque évidemment pas aux causes véritables de l’exclusion sociale. Il stigmatise les situations et fait porter aux personnes la responsabilité de leurs difficultés, sans discernement. Il tourne le dos à l’action éducative et développe les idées d’enfermement pour les jeunes, de contraintes pour tous les citoyens présentant des difficultés sociales, éducatives ou matérielles. En définitive, ce projet, loin de garantir la paix civile, la menace.