Une autre politique pour la France, un projet de développement pour le Nord-Compiégnois
Continental aura constitué un modèle du genre. Mais en observant les scénarii dans toutes les entreprises promises à la liquidation, il est aisé de s’apercevoir que partout sont utilisés les même trucs et astuces.
1- Donnez les commandes à une autre usine. Choisissez de préférence un site à l’étranger où la main-d’œuvre est bon marché. Ce sera déjà cela de gagné. Ensuite, ne conservez dans le site que vous voulez liquider que des productions à faible valeur ajoutée ou un seul type de production parmi les moins rentables. Vous pourrez faire la démonstration que cette usine et ses salariés coûtent trop cher.
2- Mettez beaucoup d’argent de côté. Le terme technique est « provisionner ». Ces fonds vous permettront de financer le plan social et, en même temps, de plomber les comptes de l’entreprise. Ainsi vous montrerez qu’elle n’est décidemment pas rentable.
3- Transférez les profits vers d’autres usines. Cela s’appelle le « transfert de marge ». Cela consiste à donner les bénéfices d’une usine A à une autre usine B appartenant au même groupe. C’est simple. Le site A vend à prix coûtant ses produits au site B. Ensuite le site B vend ses produits sur le marché à leur prix réel. C’est donc le site B qui réalise la marge bénéficiaire, tandis que le site A voit son chiffre d’affaires fondre à vue d’œil. Il est alors aisé d’affirmer que ce site A ne peut que disparaître.
4- N’avouez jamais et niez en bloc jusqu’au jour J. Ne dites jamais que vous préparez un plan social. Niez si les syndicats ont la puce à l’oreille. Mais n’hésitez pas à envoyer des signes sur les résultats catastrophiques de la « boîte ». Rallonger la durée du temps de travail en gage de l’avenir de l’usine. Faites circuler des rumeurs. Le jour J, les salariés ainsi préparés, se diront : « Ca devait finir comme ça ».
5- Dupliquez la production avant la fermeture du site. Ouvrez une usine jumelle qui produira exactement la même chose et pourra prendre le relai immédiatement ou accroissez la production à l’équivalent dans une usine existante. Choisissez de préférence à l’étranger : Chine, Inde, Europe de l’Est.
6- Laissez vieillir l’usine et diminuer les investissements. Cela vous permettra de montrer qu’elle n’est décidemment pas rentable.
7- Faites un stock de secours en prévision de la grève. Cela vous évitera de vous retrouver dépourvu lorsque la grève sera venue. C’est plus facile que de dupliquer la production comme indiqué plus haut mais aussi plus risqué car les salariés peuvent avoir l’idée de bloquer la sortie du dit stock. Cela vous laisse tout de même un peu de temps, sans perdre d’argent.
8- Laissez le contribuable payer l’addition. L’idéal, c’est la liquidation judiciaire. Plutôt que de tenter de renflouer votre usine que vous avez volontairement coulée, déposez le bilan et laissez la justice prononcer le redressement, puis la liquidation. Ce seront alors les contribuables qui paieront salaires et indemnités aux salariés, via le fond de garantie. Au bout du compte, c’est la collectivité qui paie le plan social.
Futé, non ?