Une autre politique pour la France, un projet de développement pour le Nord-Compiégnois
Les députés et les sénateurs sont donc convoqués en congrès par sa majesté Sarko Ier, le 22 juin à Versailles, pour entendre un discours du trône. Le président roi inaugure la nouvelle disposition dont il a doté la Constitution à son avantage. Auparavant, il ne pouvait s’exprimer devant les parlementaires.
Nous avons donc certes des institutions assez uniques parmi les démocraties du monde avec un pouvoir exécutif bicéphale : président – premier ministre. Jusqu’à présent toutefois, elles obéissaient à une certaine logique : le président élu au suffrage universel direct par les français n’était, par conséquent, responsable que devant eux. Il revenait au gouvernement de rendre des comptes devant la représentation nationale, qui avait et a toujours le moyen de le censurer. Mais Sarko s’en fout. A présent, nous avons un dispositif que tous les juristes constitutionnels estiment ubuesque.
Le Président peut donc s’exprimer devant le Parlement, mais députés et sénateurs ne peuvent débattre avec lui. Il parle, puis il s’en va. L’échange se déroule après, sans vote. Juste, en définitive, une opération de communication qui, en l’occurrence, se poursuivra, quelques jours plus tard, par le remaniement ministériel. Nous aurons, une nouvelle fois, Sarko tous les soirs au JT de 20 heures, à l’heure du dîner, en auto-invité à notre table.
Nul doute qu’il roulera des mécaniques, fier du score de l’UMP aux européennes. Formidable ! Le parti du président a rassemblé 10% des électeurs inscrits. De quoi bomber le torse, non ? Et les 90% autres ?
Le personnage d’Alfred Jarry, le père Ubu, débute la pièce, dont il est le ridicule héros, par un « merdre » retentissant. Il a, à l’évidence, fait un émule.