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Une autre politique pour la France, un projet de développement pour le Nord-Compiégnois

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SOUPE AU LAIT

La lutte des producteurs de lait est une leçon de choses sur le fonctionnement du capitalisme d’aujourd’hui et ses effets.

Le prix du lait s’est effondré. Il était de 30 à 33 centimes le litre payés aux producteurs en avril 2008. Il se situe à présent entre 21 et 23 centimes, niveau imposé par les entreprises de traitement du lait, très largement en dessous des coûts de production. A ce tarif, les éleveurs travaillent à perte.

On croit d’abord marcher sur la tête, car, en l’occurrence, c’est l’acheteur qui fixe son prix.

Imaginez-vous : vous vous rendez chez votre boulanger et vous déterminez vous-même le prix de la baguette de pain. « Aujourd’hui, je vous la paie 0,50 € ; demain, nous verrons ! » Hallucinant ! C’est pourtant comme cela que l’on fonctionne avec les producteurs de lait.

Vous pourriez vous dire : ils n’ont qu’à vendre leur production à des acheteurs plus offrants. Vous avez tout faux ! Les entreprises de l’agro-alimentaire et de la grande distribution ne sont qu’une poignée et ils s’entendent comme larrons en foire. Impossible de leur échapper, tant elles sont en situation de monopole. Rien à voir avec la liberté d’entreprise, la concurrence libre et non faussée, la loi de l’offre et de la demande. Elles font la loi, imposent leurs règles et leurs tarifs.

Vous pourriez également penser : « Si le prix d’achat du lait baisse, je vais donc le payer moins cher dans mon supermarché ». Vous avez encore tout faux ! Le prix à la vente n’a pas bougé, voire il peut même augmenter.

Ce qui préside au choix, c’est l’accroissement de la marge qui permettra aux multinationales d’augmenter la rémunération de leurs actionnaires.

Les victimes sont les producteurs et les consommateurs. Il est urgent de fixer des règles qui limitent ces empiètements de pouvoir du capital sur toute la société. La détermination des prix du lait aux éleveurs doit tenir compte des coûts de production. A son origine, la politique agricole commune avait pour mission d’assurer l’écoulement des productions au juste prix et d’en garantir la fourniture aux consommateurs dans des conditions équitables. L’Europe en devenant cette zone sans règle, qui permet aux géants de l’industrie et de la finance d’imposer les leurs, tourne le dos à ses engagements de départ. Nous voyons où cela nous mène.

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