Une autre politique pour la France, un projet de développement pour le Nord-Compiégnois
Le MEDEF, la droite et, bien évidemment, l’excité de l’Elysée n’ont pas eu, cette semaine, de mots assez durs pour stigmatiser les séquestrations de patrons, qui licencient.
Encore un peu, ils nous auraient tiré des larmes. Quelle atteinte insupportable à la liberté, aux droits de l’homme que de retenir, contre leur gré, ces licencieurs qui, au nom de la liberté d’entreprendre, ont celle de mettre en cause la liberté des salariés de pouvoir vivre de leur travail, payer leurs crédits, nourrir leurs enfants, pourvoir à leur éducation et à leur avenir.
C’est que- voyez-vous- au royaume du capital, toutes les libertés ne se valent pas. Celles des patrons valent infiniment plus que celles des subalternes, grâce auxquels ils s’enrichissent.
Qui est l’otage chez Continental ? M. Forzy, qui aura servi de cible à un jet d’œuf, ou les 1 200 salariés, à qui il avait été promis un avenir garanti, dès lors qu’ils renonceraient aux 35 heures.
De quel côté est la violence ?
Il ne faudrait pas inverser les rôles. Je trouve que les salariés, qui sont les agressés, font preuve d’un grand esprit de responsabilité.
Sarko et les licencieurs voudraient sans doute bien que la colère légitime dérape pour nous refaire le coup de la « chienlit », de l’ordre à rétablir, de la peur. A ceci près qu’aujourd’hui, une majorité de français- les précaires, les chômeurs, les licenciés, les jeunes, les agents de maîtrise, les cadres- tous, voient leur avenir fragilisé et ne supportent plus l’arrogance des possédants.
Que ceux-là se rassemblent et ils deviendront une force, pas de désespérés incontrôlés, mais de constructeurs d’avenir imposant la supériorité de l’intérêt général sur les intérêts égoïstes et particuliers qui concourent à notre perte.