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Une autre politique pour la France, un projet de développement pour le Nord-Compiégnois

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LE PRESIDENT MATAMORE

« Tu crois donc que ce bras ne soit pas assez fort ?

Le seul bruit de mon nom renverse les murailles,

Défait les escadrons, et gagne les batailles. »

            (Corneille- L’illusion comique- acte II sc. 2)

Sarkozy serait parfaitement à l’aise dans le rôle de ce personnage ridicule de Corneille, Matamore.

A deux reprises, cette semaine, il nous a infligé ces fanfaronnades dont il a le secret.

Contre ces patrons et dirigeants d’entreprises qui se couvrent d’or à coup de stock-options, bonus, parachutes et retraites dorés, nous allions voir ce que nous allions voir.

A l’arrivée, Sarko a dégainé un sabre de bois sous forme d’un décret, à la veille du 1er avril, qui ne concernera que certaines rémunérations exceptionnelles et moins de quinze entreprises, le tout ne s’appliquant que jusqu’au 31 décembre 2010.

Il paraît que dans les couloirs du MEDEF, ils ont bien rigolé.

Le jour même, nous apprenions que le PDG de la Société Générale, s’il renonçait à ses stock-options, se voyait gratifié d’une pension « chapeau » de 1 millions d’€ par an. Son entreprise a perçu 1,7 milliards d’€ de l’Etat, qui finance ainsi la retraite dorée de Daniel Bouton.

Le même jour toujours, les retraités étaient avisés que leurs pensions seraient « revalorisées » de… 1%.

Saisissant raccourci de la politique sarkozyenne dont nous voyons les priorités !

Seconde fanfaronnade : à la veille du G20, Sarko menace de casser la vaisselle et de claquer la porte si les autres chefs d’Etat ne se rangent pas à son avis.

Cette fois-ci, c’est dans les couloirs du sommet qu’ils ont bien rigolé, car 24 heures avant l’ouverture, les conclusions du show londonien étaient déjà écrites.

Dominique de Villepin a relevé pour sa part : « je ne crois pas qu’on puisse, à quelques jours d’intervalle, dire : je reviens dans le commandement intégré de l’OTAN parce que les absents ont toujours tort, et, à la veille de participer au G20, dire qu’on envisage de s’absenter. »

Que Sarkozy se plaise à faire l’Olibrius, voilà qui le regarde ; le problème est qu’il parle au nom de la France, qui, jusqu’à présent, était respectée et écoutée et qui ne mérite pas d’être ridiculisée sur la scène internationale.

Dans son dernier livre, « Le moment fraternité », Régis Debray écrit à propos de l’homme politique d’aujourd’hui : « Il se pense en commercial. Il ajuste au jour le jour l’offre à la demande, et au lieu de prendre de la hauteur et du champ, tente de coller de son mieux aux sondages et aux clientèles. »

Sarko est une caricature de cette pratique politique-là, qui vise à cacher son impuissance devant les forces de l’argent, à qui les gouvernants et leurs prétendants ont rendu les armes.

A défaut de vouloir changer ce monde, Sarko s’agite pour faire croire que le monde, c’est lui.

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