Une autre politique pour la France, un projet de développement pour le Nord-Compiégnois
La colère des salariés de Continental est immense. La solidarité qui s’organise autour d’eux ne l’est pas moins.
Tout le monde se sent concerné car si Continental est un emblème, c’est celui de la rapacité et du cynisme du capital.
Il ne s’agit malheureusement pas d’un cas isolé. La crise a bon dos. Elle sert de prétexte pour les groupes industriels à entreprendre les restructurations qu’ils n’avaient pas osé mettre en œuvre.
La France vit au rythme de 3 000 chômeurs supplémentaires par jour.
Après l’équipementier en pneumatiques de Clairoix, c’est celui d’Amiens, Goodyear Dunlop qui annonce 1 000 suppressions de postes, et tant d’autres.
Le scénario est partout le même : les intérimaires et les CDD d’abord, puis les congés forcés et le chômage partiel, enfin les licenciements, le plan social, voire la fermeture. La faute de la crise, des salariés trop chers, de la concurrence, de la mondialisation…
Continental a ajouté un degré de plus au cynisme.
Voici deux ans, les salariés avaient dû accepter de renoncer aux 35 heures pour revenir aux 40 heures. Telle était, leur disait-on, la condition de la survie de l’entreprise au moins jusqu’en 2012.
Merci à Sarko qui, avec son « travailler plus pour gagner plus », a permis à Continental de monter cette arnaque.
En définitive, le groupe Continental, grâce au dispositif gouvernemental, a économisé 2,5 millions d’€ de cotisations sociales avant liquidation, laquelle était déjà programmée.
Il apparaît aujourd’hui clair que la fermeture a été minutieusement organisée, l’usine de Clairoix préparée à être condamnée en agissant pour qu’elle apparaisse comme la plus « coûteuse » du groupe. Alors qu’ailleurs on investissait pour diminuer les coûts, améliorer la productivité, à Clairoix, on chargeait la barque pour l’enfoncer.
La droite pousse des cris d’orfraie. Les « Conti » ne s’en laissent pas conter. Ils ont reçu fraîchement M. Marini à la mairie de Clairoix et encore moins courtoisement Mme Cayeux.
Qui, en effet, a permis à Continental et à tant d’autres d’agir ainsi ?
Qui a pris toutes ces mesures qui permettent aux grands groupes de licencier à loisir ?
Qui a supprimé ces dispositifs, pourtant timides, de la loi de modernisation sociale destinés aux salariés afin de mieux se défendre ?
Qui multiplient les agissements et exonérations de cotisations sociales ou d’obligations fiscales en direction des entreprises, qui en réalité desservent l’emploi ?
Qui favorise la précarisation du travail permettant au patronat de disposer de salariés jetables ?
C’est Nicolas Sarkozy, alors candidat, qui déclarait : « les entreprises savent mieux que l’Etat ce qui est bon pour elles ». Il faut donc laisser cartes blanches au capital. Nous en voyons le résultat.
A situation d’urgence, mesures d’urgence. Les députés communistes vont déposer une proposition de loi visant à interdire les licenciements aux entreprises qui réalisent des bénéfices et distribuent des dividendes à leurs actionnaires.
A chaque parlementaire de nous dire s’il est prêt à voter cette loi.